![]() |
Interview de Philippe Dalibard, directeur sportif de l’équipe Bretagne Armor Lux. Philippe, pourriez-vous nous dire quelques mots sur votre début de saison et notamment le Tour de Normandie ? Le Tour de Normandie nous a apportés beaucoup de satisfactions avec la victoire d’Antoine Dalibard (mon fils).Antoine a oeuvré lors de ce Tour de Normandie pour un succès d’équipe. Antoine n’était pas désigné comme leader de l’équipe, le rôle était plus sur les épaules de David Le Lay. La victoire d’Antoine s’est faite en deux temps.
|
|
Le premier temps sur l’étape de Elboeuf- Flers ou il s’est retrouvé placé au classement général. Le deuxième temps a eu lieu sur l’étape de Beaumont la Hague-Bagnoles de l’Orme ou Antoine a pris le pouvoir au classement général et la consécration à l’arrivée à Caen ou lors de cette dernière étape toute l’équipe a été autour d’Antoine pour ramener le maillot. Pour moi cette victoire fut un moment très très fort, car comme tout le monde le sait Antoine est mon fils. Cette victoire sur le Tour de Normandie est d’abord une victoire de l’équipe de Bretagne Armor Lux. Après le mouvement de tempête que l’équipe a subit durant l’hiver ou Antoine n’aurait pas du être gardé au sein de l’équipe Bretagne Armor Lux puisque Monsieur Ronan Pensec lui avait coupé la tête (il faut dire les mots justes et honnêtes) avant peut être de coupe la tête aussi a Philippe Dalibard. Je suis encore la avec Antoine, ce qui lui permet de progresser dans sa carrière de coureur cycliste professionnel, car Antoine est un coureur méticuleux, contentieux et très courageux. Antoine n’est pas un coureur du style de Chavanel ou d’autres coureurs. Depuis le début de l’année Antoine est tenace sur les courses, comment l’expliquez-vous ? Oui, bien sûr que Antoine est tenace. Mais si Antoine arrive à ce niveau cette année c’est dû à tout son travail qu’il a pu faire depuis 4 années qu’il est professionnel. Tous les coureurs de l’équipe ont franchis un palier dû à l’expérience. A l’époque de la création de l’équipe en 2005 et notamment lors du Grand Prix de la Marseillaise et de l’Etoile de Bessèges nous étions un peu perdus, alors que maintenant nous avons pris nos marques sur toutes les courses en France. Qu’a-t-il manqué a Antoine et a votre équipe lors de la Route Adélie pour être dans le final ? En ce qui concerne Antoine, il a été court dans les 20 derniers kilomètres, dû à tous les efforts effectués lors du Tour de Normandie. Sur la Route Adélie Antoine était chez lui devant ses supporters et il a voulut beaucoup en faire. Sébastien Duret obtient une place d’honneur 8 ème position. Aujourd’hui les courses sont très tactiques et tout se tient à très peu. Dans le groupe de 3 dont faisait parti Antoine avec Casper, il n’a pas roulé a bloque car tous les coureurs se méfiaient l’un de l’autre. Pensez-vous que la victoire d’Antoine sur le Tour de Normandie ne va pas lui faire un gros ‘’clic’’ dans sa tête ? Je pense que oui. Tout n’a pas été facile pour Antoine à l’époque ou il a intégré le groupe de plus il était encore a la FAC en troisième années. Malgré tout il était mon fils et la relation fils / père est difficile, plus après la relation fils / management, fils / directeur sportif et par rapport aux autres coureurs de l’équipe pas facile de faire sa place. A l’époque certains anciens de l’équipe n’étaient pas forcement favorable a l’arrivée de jeunes coureurs (il faut dire les mots tels qu’ils sont). Antoine a mit presque deux années a faire sa place au sein du groupe et lors de cette deuxième année il fait une troisième place lors d’une étape du Tour de Limousin ce qu’il lui a permis de prendre de la ‘’caisse’’ (en terme cycliste) mais pas vraiment de résultat. Pour moi et ses coéquipiers, Antoine avait fait sa place au sein du groupe, la preuve aujourd’hui le résultat est là. Quels vont être les objectifs de l’équipe Bretagne Armor Lux pour le reste de la saison ? Les objectifs de l’équipe Bretagne Armor Lux tournent autour de beaucoup de coureurs que j’attends, donc Stéphane Bonsergent qui est un finisseur, Jean Luc Delpech qui arrive tout de même à faire quelques choses, il vient de gagner Paris-Troyes et je crois en lui. David Le Lay, il faut qu’on le mette sur le tremplin, et qu’il gagne une belle course, car David n’a pas encore gagné de course chez les pros. Il faut parler aussi de Cyrille Gauthier, je ne m’inquiète pas de Cyrille, car son avenir est d’intégrer une grosse équipe dans les deux années à venir. En ce qui concerne Piotr Zielinski, il faut que Piotr confirme. Sébastien Duret et Yann Pivois attaque leurs quatrièmes années chez les pros sans jamais gagner. Noan Lelarge lui fait partie des valeurs sûre, il gagne une course par an et notamment une étape sur le Tour du Limousin et sur le Tour de l’Ain ou il finit deuxième au classement général. Pour le reste de l’équipe se sont des coureurs qui sont en apprentissage. Chaque coureur au sein de l’équipe doit prendre une part du gâteau, ce qui n’est pas si simple. Combien de victoires avez-vous à votre compteur ? Nous sommes actuellement à 6 victoires depuis le début de la saison. Quel est l’avenir de l’équipe Armor Lux dans les années à venir ? L’avenir de l’équipe dans les années à venir s’appellera toujours Bretagne. En ce qui concerne Armor Lux je ne connais pas encore leur intention. Derrière tout cela ce n’est pas moi qui travail, j’ai des personnes de confiances qui font le nécessaire pour justement décrocher un ou plusieurs partenaires pour pourvoir passer en Continental Pro et de pouvoir postuler pour une participation au Tour de France. Philippe, pas trop déçu de ne pas être sélectionné pour le Tour de France 2008, sachant qu’il part de Bretagne ? Non pas du tout, je ne suis pas déçu. Je dis toujours nous méritons ce que l’on a. Aujourd’hui nous sommes dans une société ou tout le monde rêve. Aujourd’hui je dis que l’équipe Bretagne Armor Lux n’a pas les moyens d’avoir une équipe Continental Pro et de participer au Tour de France. Si nous étions partis sur le Tour cette année, tous les médias auraient été autour de nous et si nous n’étions pas structuré et organisés, cela aurait peut être était l’échec pour nous. Merci à Philippe Dalibard d’avoir répondu à l’interview de photos-cyclisme-pro.com Interview réalisée par Pascal Linget le 5 avril.
|