Interview de Nicolas Rousseau.

De retour de Pékin, Nicolas Rousseau, nous parle de ses premier JO et de sa fin de saison.

Nicolas, vous avez participé au JO de cyclisme sur piste dans la poursuite par équipe, comment avez-vous préparé cette épreuve ?

La préparation spécifique en elle-même a débutait début juillet avec les Championnats de France sur piste. Ensuite, nous avons effectués deux fois 7 jours de stage. Le premier stage s’est déroulé jusqu’au 20 juillet et le deuxième juste avant le départ pour Pékin. Durant ces deux semaines nous avons effectués un gros travail. Après ces deux stages nous sommes plutôt parti confiant pour le JO.

 

 

Le décalage horaire, vous a-t-il perturbé avant la compétition ?

Oui bien sûr. Pour ma part, j’ai eu quelques petits problèmes d’adaptation. Par contre pour le retour il n’y il a aucun problème. Le décalage n’est que de 6 heures avec la France, le plus dur était de se lever.

Lors de notre dernier entretien, avant le départ pour Pékin, nous avions parlés de la pollution. Avez-vous ressenti quelque chose sur place, comme tout le monde le craignait ?

Non la pollution ne m’a pas vraiment dérangée. Le gros problème que nous avons rencontré a été la chaleur. Lors de notre arrivée, il faisait une chaleur étouffante. La pollution était moins importante que lors de notre venu au mois de décembre dernier. Pour résoudre les problèmes de pollution les Chinois ont pris d’énormes mesures contre la pollution. Pas beaucoup d’athlètes se sont plaints de la pollution.

A titre personnel, avez-vous visité la ville de Pékin et ses alentours ?

Jusqu’au moment de la compétition nous ne sommes pratiquement pas sortis de l’enceinte Olympique. Par contre après la fin de toutes nos compétitions nous avons visités Pékin. En préparation de la compétition sur piste, nous sommes sortis deux ou trois fois sur route. Quant vous êtes dans le village Olympique, vous êtes dans un monde appart.

Du point de vue sportif, quel bilan tirez-vous de vos premier JO ?

Je vais dire positif. Même si nous nous sommes fait déclassés lors de l’épreuve avec les Danois. Officieusement pour moi, je garde notre cinquième place en mémoire. Il y a huit mois nous n’étions même pas sûr d’être présent au JO de Pékin. Pareil, il y a huit mois nous étions 10 ème au classement et lors des JO nous nous plaçons en 5 ème position. Lors de ces JO, nous avons battus les Espagnols, les Ukrainiens, les Russes, les Hollandais. Au final, nous avons travaillés très peu pour être au maximum sur ces JO.

Du point de vu des regrets, (nous nous sommes fait battre par plus fort que nous) nous aurions pu mieux faire sur le chronomètre. Nous espérions battre le record de France et il nous a manqué 8 dixièmes de secondes et c’est pour cette raison que je suis déçu. Je pense que dans les jambes nous avions la possibilité de faire beaucoup mieux.

Considérez-vous avoir fait une mauvaise préparation au départ, pour ne pas être dans le top 3 ?

Non, pas du tout. Le problème, c’est que nous sommes tous professionnels dans une équipe. Nous n’avons pas qu’un seul objectif dans l’année et surtout même dans une année Olympique. En janvier, je ne pensais même pas faire les JO, je pensais surtout à la route. Dans l’équipe sur piste, nous avons tous des programmes différents. Pour la piste je considère que nous faisons du bricolage a côté pour essayer de bâtir une équipe sur piste. Je trouve cela frustrant, car nous arrivons dans des grandes compétitions avec peu de journées de stages dans les jambes, pas de travail en commun pour pourvoir rivaliser avec les grandes nations. Le point positif est que nous avons gagnés 6 secondes par rapport à cet hiver. Quant-on examine les quelques mois de travail en commun, il y a eu du boulot de fait. Si nous souhaitions rivaliser avec les nations les plus fortes, il ne fallait pas si prendre 8 mois avant pour préparer une échéance comme les JO.

L’équipe sur piste qui était présente avec vous au JO, peut-elle être reconduite pour les JO de Londres en 2012 ?

2012 est encore loin. Maintenant dans l’équipe sur les cinq, il y a un seul pistard qui va continuer, il s’agit de Danien Gaudin. En ce qui me concerne, pour 2009, je ne me consacrerai uniquement à la route. Mathieu Ladagnous et Christophe Riblon fera comme moi. Et Fabien Sanchez, lui arrête le vélo. Donc je ne pense pas qu’en 2012 a Londres, nous retrouvions les mêmes coureurs que cette année. En ce qui me concerne, peut être que dans deux ans, suivant mes envies et en fonction de mes résultats sur la route et du programme que pourrait avoir la fédération française de cyclisme, je me rebasculerais peut être dans l’aventure. J’ai envie de pratiquer cette discipline.

Que pouvez-vous dire aux dirigeants de la fédération française de cyclisme pour avoir une équipe sur piste qui tienne la route dans les années à venir ?

Faire de la formation. De mettre les jeunes dans le bain le plutôt possible en sortant de juniors. En France, il y a le pôle de Talence, ou j’ai pratiqué la piste pendant 4 ans et je trouve que le vélodrome est sous exploité. La fédération française de cyclisme devrait mettre le paquet sur les jeunes coureurs de 19 / 20 ans qui ne sont pas encore trop pris par leur club de DN ou de l’équipe de France sur route. Il serait intéressant de passer avec ces jeunes coureurs un contrat moral pendant deux ou trois ans de manière à bien préparer une échéance Olympique.

Ne serait-il pas possible de créer une équipe de France sur piste, comme l’équipe Cofidis ?

Si la fédération française de cyclisme me dit, voilà Nicolas Rousseau tu prépares pendant 4 ans les JO. Je leur dis oui, pourquoi pas. Mais à la fin j’ai besoin de gagner ma vie tout simplement. La différence entre la France et les autres nations, des pays comme l’Angleterre les coureurs sont rémunérés par leur fédération. Le budget entre la France et certaines ne sont pas identiques et c’est pour cela que nous nous faisons du bricolage.

Pourquoi la France n’est-elle pas capable de faire comme l’Angleterre ?

Tout simplement, c’est un choix presque politique. De plus, actuellement la fédération française de cyclisme est dans le dur et n’a pas les moyens de mettre 1 millions d’Euros pour avoir une équipe continentale sur la piste de poursuiteurs. Le temps que nous resterons dans cette position, je pense que d’être sur le podium s’est faisable, mais d’etre champion du monde ou champion Olympique, il y a encore du travail a faire.

Nicolas, quel bilan positif et négatif tirez-vous de vos JO ?

Du point de vu positif, ce sont tout de même des JO. C’est une manifestation unique et de côtoyer autant de sportifs de toutes nationalités et dans différentes disciplines. Nous avions une très bonne ambiance et se fut pour moi une belle aventure.

Le point négatif, c’est la nom sélection de notre équipe en demi finale. Je garde cette élimination en travers la gorge, même si nous sommes éliminés par plus fort que nous.

Lors de votre élimination, quelles ont été les personnes qui vous ont remontés le moral ?

Toutes les personnes de l’encadrement de l’équipe de France. Tout le monde nous disait, que nous avions fait notre maximum dans cette épreuve.

Nicolas, quant vous étiez a Pékin, aviez-vous des informations sur ce qu’il se déroulait en France ou ailleurs sur les coureurs de votre équipe AG2R La Mondiale ?

Oui bien sûr, avec Internet j’allais voir les résultats a droite et a gauche des mes coéquipiers et du peloton pro en Europe. En ce qui concerne l’équipe AG2R La Mondiale, j’avais des informations par l’intermédiaire de l’attachée de presse de l’équipe. Je savais aussi que l’équipe suivait mes résultats à Pékin. Il faut reconnaître que nous avons été coupés du monde pendant la période ou nous étions à Pékin.

Cette coupure, vous a-t-elle perturbée ?

Non pas du tout. Vous vous préparez à cette coupure et vous vous y attendez. Ce n’est pas désagréable de vivre à l’intérieur du village Olympique. C’est particulier et même motivant de croiser tous les sportifs français dont tu vois les résultats à la télévision. Pour moi-même cela me donne envi de bien faire.

Autres que les athlètes français, avez-vous croisé d’autres grands sportifs ?

Oui bien sûr. Lors de la cérémonie d’ouverture, j’ai croisé Roby Brahim le basketteur de la NBA, Nadal le tennisman. J’ai aussi aperçu le joueur de basket Chinois, Sun Ming Ming avec ses 2.36 Mètres. Et c’est pour cela que je dis que les JO c’est unique.

Nicolas, vous êtes revenu en France depuis peu, quel va être votre programme de course à venir ?

D’abord, je vais essayer de me faire une bonne condition sur la route. J’espère retrouver cette condition pour le Poitou Charentes, le Franco Belge, Paris Bourges et Paris Tours. Ces quelques courses me tiennent a cœur et je vais tout faire pour être présent sur ces courses. La reprise sur route a été assez dure, car il y avait deux mois que je n’avais pas pris mon vélo de route.

Depuis votre reprise, combien de kilomètres ou heures de selle faites-vous ?

Je fais entre deux et demi et trois heures et demi par jour de vélo, selon la fatigue et les sensations depuis ma reprise. Durant les quelques jours qui arrivent, je vais augmenter La distance.

Où allez-vous recommencer votre deuxième partie de saison ?

Je vais participer à la Classic de l’Indre, puis deux courses en Italie, La Coppa Placci et le Giro Della Romagna. De retour en France, je serais au départ du Grand Prix de Fourmies, Tour de La Somme, du Grand Prix d’Isbergues et le reste de la liste ci-dessus. Je vais avoir un bon petit programme pour la fin de saison. Si je pouvais retrouver un bon niveau pour la fin du mois de Septembre début Octobre se serait bien.

Les JO, ne vous ont-ils pas perturbés pour la saison sur route ?

Bien sûr que oui. Depuis, cet hiver ma saison sur route a été perturbée avec les qualifications pour la piste. J’ai privilégié la piste, je n’ai pas pris de vacances, je ne me suis pas reposé. Avec ces qualifications pour la piste, je n’ai pas pu faire du foncier contrairement à mes coéquipiers. En cette année Olympique, j’ai été sur le fil du rasoir en jonglant avec la fatigue. J'ai tout de même fini mon premier Tour d'Italie malgré beaucoup de contrainte.

Merci à Nicolas Rousseau d’avoir accordé cette interview pour photos-cyclisme-pro.com a son retour de Pékin.

Interview réalisée par Pascal Linget le 28 Août 2008.