Interview de Carlos Da Cruz ancien coureur professionnel a la Française des Jeux (arrêt fin 2007). Carlos est chauffeur pour le journaliste Philippe Bouvet de l’équipe sur le Tour de France 2008.

 

Carlos, vous avez mis un terme à votre carrière de coureur cycliste professionnel fin 2007, que faites- vous maintenant ?

 

Depuis mon arrêt, je profite de ma famille et de temps en temps, je fais quelques extras tel que commentateur des 4 jours de Dunkerque pour la chaîne Direct 8 et chauffeur pour ASO sur le Tour de Picardie et pour le Tour de France 2008, je suis chauffeur pour le journal l’équipe et aussi pour RTL l’équipe pour le radio.

Pour le Tour vous êtes chauffeur pour le journal l’équipe, comment se sont passés les contacts ?

Le journal l’équipe a su que j’avais travaillé en tant que consultant pour France Télévision sur le Tour de France 2008. D’un coté j’étais en contact avec RTL l’équipe et de l’autre coté le journal l’équipe cherchait un chauffeur pour le Tour 2008. Si j’avais dû être uniquement chauffeur pour l’équipe je ne serais pas venu, car j’ai d’autres ambitions. Quant j’ai dis au journal l’équipe que j’étais en contact avec RTL l’équipe, il se sont mis en rapport et aujourd’hui voila je possède plusieurs casquettes sur le Tour de France 2008. Je ferais quelques ‘’piges’’ pour le journal l’équipe. Pour RTL l’équipe, je ferais entre 1H et 1 H 30 de direct selon mes disponibilités, plus un débriefing de l’étape du jour et celle du lendemain (30 minute). Et le reste du temps je serais pilote pour le journaliste de l’équipe, Philippe Bouvet.     

Comment faites- vous pour vivre, sachant que vous n’avez pas un travail fixe ?

Je ne suis pas sans revenu, nous avons quelques avantages, tel que le chômage durant 23 mois. Pendant ma carrière j’ai cotisé a une caisse de formation et maintenant les fonds ont été débloqués et cela va me permettre de débuter une formation au mois de Septembre ou Octobre 2008. Cette formation sera orienter vers le management gestion d’entreprise et dans le communication. Ma caisse de formation va me permettre de faire cette formation pendant une année. Aujourd’hui, j’ai une grosse partie de mon salaire qui est conservé, la formation qui m’est payée et mes frais de déplacement me sont payés.

Que ressentez-vous lorsque vous êtes au volant d’une voiture sur une course et que vous doublez vos anciens équipiers et adversaires ?

Je vois les choses différemment. Quant je suis dans la voiture en tant que chauffeur, je fais partager ma passion du vélo et la course aux invités qui se trouvent avec moi. Quant il fait beau, j’ai un petit pincement au cœur, car j’aimerais bien être sur le vélo avec eux. A la fin de ma carrière quant il ne faisait pas beau et que je devais aller a l’entraînement, cela devenait pesant pour moi. Aujourd’hui je n’ai aucun regret d’avoir mis fin à ma carrière de coureur cycliste professionnel.

Après 6 mois d’arrêt, le vélo ne vous manque t’il pas ?

Non pas du tout. Je suis parti de moi même sans aucune pression. Il y a quelques jours je suis devenu trésorier de l’UNCP (union nationale des coureurs professionnels) et en même temps pouvoir défendre les coureurs. En faisant cette action, je veux rendre ce que le milieu du cyclisme m’a apporté durant mes années de coureur.

En tant que membre de l’UNCP, qu’apportez-vous aux coureurs ?

Mon expérience. Dans l’association il y a beaucoup de chose à faire. Nous avons du retard et grâce a la convention collective qui a été mise en place ce retard est sur le point d’être comblé. Etant le premier coureur français à bénéficier de cette aide à la formation, je me dois d’apporter mon aide et mon expérience a ceux qui prendront leur retraite ou qui se retrouveront dans quelques mois ou années sans emploi.

Etês- vous déjà sollicité par des coureurs ?

Non, pas pour le moment. Le Tour de France est une période charnière et nous attendons de savoir qui va rester sur le carreau en fin d’année 2008. Nous avons fait une assemblée générale la veille du championnat de France sur route (vendredi) et cette réunion va permettre aux coureurs de savoir tout ce qui se passe au sein de l’UNCP.

Vous êtes trésorier et membre de l’association UNCP, arrivez-vous à faire face a tous les problèmes du moment ?

Le gros problème du vélo aujourd’hui est un problème d’image. Notre association ne peut pas faire quoi que se soit, car il y a déjà une bataille ouverte entre les acteurs du vélo, notamment l’UCI et ASO. Si ces deux acteurs arrivaient à se mettre d’accord, le reste de l’UNCP pourrait arriver à le gérer.

L’UNCP peut-elle intervenir entre l’UCI et ASO ?

Jusqu'à aujourd’hui cela n’a pas été le cas. La parole n’a pas été donnée aux coureurs et aux associations de coureurs. A la date d’aujourd’hui il n’y a que la société ASO qui se rapproche des coureurs.

Carlos, pensez-vous pas que l’argent versé pour intégrer le Pro Tour par les équipes n’a pas tué celle-ci ?

Le Pro Tour (UCI) voulait les clés des grandes épreuves dont le Tour de France. L’UCI a vendu une licence Pro Tour virtuelle aux équipes sans que celle-ci soit d’accord. Il faut savoir que tout le monde est fautif dans cette histoire. Les équipes ont vendues une licence aux partenaires en leur disant qu’ils feraient le tour pendant 4 ans. Ce qui a permis a certaines équipes d’augmenter l’effectif et aujourd’hui toutes ces équipes se sont rendues compte que tout cela était de la poudre aux yeux d’or. Malheureusement dans tout cela se sont les coureurs qui vont en pâtir et pas les équipes. Dans quelques temps il y aura 4 ou 5 coureurs par équipes qui vont se retrouver sans emploi. L’UNCP permettra a ces coureurs de pouvoir passer le cape en essayant de les aider le plus possible.

Merci a Carlos Da Cruz pour cette interview.

Interview réalisée par Pascal Linget le è juillet 2008.