Interview de Monsieur David Lappartient président de la Fédération Française de Cyclisme.

Monsieur Lappartient, pourriez-vous nous parler des quelques mois passés au sein de la Fédération Française de Cyclisme ?

Tout est parti très rapidement depuis mon élection. Mais il est très difficile de tirer un bilan après trois mois d’exercices. Nous avions de grosses décisions a prendre en désignant un directeur technique national, ce qui fût fait avec l’élection de Isabelle Gautheron.

 

Nous avions aussi à choisir le sélectionneur de l’équipe nationale qui sera bientôt nommé. A noter aussi que nous avons eux d’excellents résultats lors des championnats du monde sur piste. Dernier gros projet, le construction du nouveau vélodrome Olympique de Saint Quentin en Yvelines (78) et le combat qui est le mien, car il faut que nous ayons notre stade couvert de BMX  avec le vélodrome. Le pari est en passe d’être gagné.

Dans combien de temps pensez-vous voir sortir de terre le vélodrome Olympique ?

C’est un dossier qui avance bien et si tout va pour le mieux nous devrions avoir livraison du vélodrome Olympique en juillet 2012 pendant les Jeux Olympiques de Londres. Nous aurons certes le vélodrome Olympique, mais aussi le stade couvert de BMX qui n’était pas prévu a l’origine. Ces deux stades seront l’un a côté de l’autre.

Actuellement beaucoup de régions souhaiteraient avoir son propre vélodrome, mais pensez-vous que cela est bon que chaque région ait son vélodrome ou alors avoir des vélodromes concentrés a des endroits bien précis ?

Il faut plusieurs projets. Vous ne pouvez pas concentrer la piste dans un seul vélodrome. C’est comme tous les systèmes, si vous voulez que cela fonctionne et que vous voulez qu’il y ait un très haut niveau, il faut une base relativement large. Plus la base sera large plus le sommet  haut de la pyramide sera haut. L’effet d’avoir plusieurs vélodrome permettra de rayonner plus large, mais il faut savoir qu’il n’y aura qu’un seul vélodrome Olympique, celui de Saint Quentin en Yvelines. En France, il faut des vélodromes comme nous avons déjà Bordeaux, comme nous aurons demain à Lorient, à Roubaix et dans d’autres villes.

Lors de votre élection à la Fédération Française de Cyclisme, vous aviez émit le souhait de supprimer les oreillettes, depuis peu se sera fait lors des championnats de France sur route à Saint Brieux, quel est l’intérêt de supprimer les oreillettes ?

Le but de supprimer les oreillettes est de ne plus avoir des courses stéréotypées. Lors de mon élection ce point concernant les oreillettes faisait parti d’un de mes projets. Pour les championnats de France sur route nous y arriverons, j’ai fais la proposition a la ligue de cyclisme qui a donnée un avis favorable. Maintenant le conseil d’administration de la FFC décidera en la matière. Dans notre sport, il faut aller de l’avant et cela va permettre d’avoir des courses plus débridées ou les coureurs seront livrés a eux-mêmes et les meilleurs tacticiens pourrons sans sortir plus facilement.

Avez-vous le pouvoir en France d’interdire complètement les oreillettes sur toutes les courses ?

Nous avons le pouvoir d’interdire les oreillettes pour les épreuves relevants du calendrier Français exclusivement. Je vous explique, ne seront concernées que les épreuves qui ne seront pas inscrites au calendrier International. En France, pour le moment, il n’y aura que les épreuves amateurs et se ne sera pas le cas pour les épreuves professionnelles inscrites au niveau International. Le cas du championnat de France professionnel sur route qui est inscrit uniquement au calendrier national et fait parti du règlement national et pas du règlement Internationaux.

Avez-vous espoir que vos collègues présidents des autres fédérations jouent dans le même sens que vous ?

J’ai un grand espoir. Mon grand espoir serait que l’UCI face la même chose. J’avais milité un peu dans ce sens au moment de mon élection. Il n’ai pas simple de mettre en place un tel projet, il faut écouter les arguments des propos oreillettes. Cette suppression des oreillettes est une réelle attente du public. N’oublions pas que nos courses de vélo sont aussi pour le public, les spectateurs et les téléspectateurs. Aujourd’hui, 90 a 95 % de ces gens ne veulent pas d’oreillettes.

Comment est jugée cette décision par les directeurs sportifs ?

Cette décision est globalement bien jugée par les directeurs sportifs sur une épreuve. Si cette décision devait être généralisée sur l’ensemble des épreuves se serait plus difficile. Certains directeurs sportifs ne sont pas favorables de le faire que sur une seule épreuve.

Quel est l’avenir du cyclisme en France, quand nous voyons tous ce qu’il se passe a l’étranger avec les affaires de dopages ?

Il faut reconnaître que nous subissons de l’image du cyclisme au niveau International. Nous pouvons nous réjouir de toutes les actions qui ont été menées par le cyclisme Français au sens large du terme. L’effet d’avoir balayé devant notre porte, nous permet de ne pas avoir de cas comme cela en France. Pour le moment, le cyclisme Français est relativement a l’abri des ces problèmes là pour l’instant.

Beaucoup de coureurs (amateurs et professionnels) se plaignent de voir les courses disparaître les unes après les autres, que comptez-vous faire pour revaloriser le cyclisme Français ?

Le prix d’une course coûte très chère pour de multiple raison, les problèmes administratifs, les problèmes d’autorisations d’aménagement des bourgs qui font aussi que l’on ne peut plus organiser de course cycliste. Le but par rapport à cela, c’est de relancer la pratique du cyclisme sur route et de faire en sorte que l’on ai de vraie fête familiale. Si vous organisez une course cadets a un bout du département et une course pass’cyclisme a l’autre bout du département le papa va courir a un endroit et le fils a un autre, cela n’est pas très bon. Il faudrait pouvoir proposé dans nos manifestation différentes catégories d’épreuves dans un même endroit pour relancer les épreuves sur route. En France, il y a des départements où nous gagnons des épreuves sur route.

Monsieur Lappartient, en début d’année la FFC a lancée la construction de divers terrains de BMX, ou en sont les constructions actuellement ?

Le bilan est très bon. Nous avons 7 pistes de BMX qui vont s’ouvrir ou qui sont déjà ouvertes. Les constructions de ces pistes de BMX, vont permettre à la création de nouveaux clubs ou de clubs routiers qui vont prendre une option BMX et cela est très intéressant pour nous la FFC.  Il faut savoir que le BMX depuis le début de l’année est en augmentation d’environ     15 %. Actuellement le BMX tire vers le haut la croissance fédérale et nous sommes actuellement à 15, 4 % de licenciés à la fédération sont des gens du BMX. Ce qui correspond à 1 licencié sur 6 qui appartient a la famille du BMX au sein de la FFC et 20 % dans le VTT. Le total fait qu’actuellement 35 % de nos licenciés sont des gens du BMX et du VTT.

Comment expliquez-vous cette progression ?

Tout simplement, parce que se sont des sports plus fun et des sports plus tendances. Pour être cycliste sur route, il faut s’entraîner pendant 3 ou 4 heures dans une même journée et cela plusieurs fois par semaine. A lors que le BMX a une piste de 400 mètres et les jeunes compétiteurs préfères les sports cours.

Aujourd’hui pour faire du vélo en compétition cela est coûteux, la fédération ne pourrais pas trouvée une idée de partenariat pour que cela coûte moins cher a un jeune licencié et aussi que cela permette de promouvoir le cyclisme ?

Nous allons essayer de le faire dans les écoles de cyclisme pour faire des achats groupés de manière à proposer des vélos aux différents clubs Français. Maintenant, il faut savoir qu’il y a la liberté du marché. Nous nous apercevons qu’au départ des courses minimes ou cadets que ces coureurs ont des vélos qui coûtent relativement de l’argent.

La FFC ne pourrait- elle pas aider un peu plus les écoles de cyclisme. Quand on voit le prix d’un équipement vélo par rapport a un équipement de footballeur, le choix des parents est très vite fait car le foot coûte moins cher que le cyclisme ?

Oui, il est vrai que la pratique du cyclisme coûte chère. Mais la plupart des clubs de cyclisme sont propriétaires des vélos pour les écoles de cyclisme et le mettent a disposition de leur jeunes de manière gratuite ou avec une petite caution. Le problème de la FFC, c’est qu’elle n’est pas propriétaire du Tour de France. Si nous l’étions, nous pourrions avoir des aides venant du Tour de France pour aider nos différents clubs. Les clubs comparent la FFC à d’autres fédérations comme celle du football ou du tennis qui eux reçoivent des aides de la part de leur fédération respective. La fédération Française de football est propriétaire du championnat de France comme la fédération Française de tennis est propriétaire de Roland Garros. Malheureusement le FFC n’est pas propriétaire du Tour de France.

Sur le Tour de Picardie la FFC a lancé le dossard vert, pourriez-vous nous en parler ?

L’objectif est de promouvoir une démarche d’écho citoyenneté au sein du peloton professionnel. Nous pouvons nous apercevoir que quand le peloton passe c’est l’environnement qui trépasse. Donc l’objectif est de sensibiliser les coureurs, le public et les directeurs sportifs pour plus jeter papiers et bidon sur la route. Le but de ce dossard vert est d’attirer l’attention sur un coureur qui est le messager de l’environnement.

L’opération d’écho citoyen avait été lancée lors de Paris Nice avec ASO et notamment Christian Prudhomme qui avait demandé a tous les coureurs et suiveurs de l’épreuve de respecter la nature, avez-vous fait un bilan avec ASO de cette opération ?

Le premier bilan est déjà la prise de conscience qui n’était pas forcement généralisé au sein du cyclisme professionnel et qui ne l’ai pas encore et aussi comme dans le cyclisme amateurs. Nous avons encore beaucoup d’efforts à faire et les coureurs sont des moteurs. Un coureur comme Jérémy ou le jeune retraité Carlos Da Cruz qui ont rejoints la commission de développement durable au sein de la Fédération et qui sont la force de proposition. Ces deux coureurs ont envies de faire avancer le sport sur ces problèmes et qui sont pour nous des personnes très intéressantes.

 

Merci à Monsieur David Lappartient président de la Fédération Française de Cyclisme d’avoir répondu à cette interview pour photos-cyclisme-pro.

Propos recueilli par Pascal Linget le 3 juin 2009.