Interview de Maxime Bouet nous parle du Tour de l’Avenir et de son premier championnat du monde sur route dans la catégorie espoirs.

Maxime pourriez-vous nous dire quelques mots sur votre Tour de l’Avenir 2008 ?

Au début de l’épreuve, il était prévu que je sois co-leader de l’équipe de France avec Jérôme Coppel et Antony Roux. Les premières étapes ce sont très bien passées et notamment les plus dures.

 

Je suis rentré 3 fois dans les 10 premiers au classement des étapes. La première semaine fut très bien pour moi, j’étais dans l’allure tous les jours et a deux jours de l’arrivée, j’ai eu un jour ‘’sans’’  dans la grosse étape de montagne qui arrivait a Guzet Neige. Ce jour la j’ai serré le ‘’moteur’’ comme on dit avec une fringale et le froid. Du a cette mauvaise étape je perd ma 5 ème place au classement général. Lors de la dernière étape j’ai joué le rôle d’équipier.

10 jours de courses n’ont pas été un peu longs pour vous ?

Non pas du tout. Les journées de courses ce sont très bien passées il n’y a eu que cette journée a Guzet Neige ou j’ai eu un jour ‘’sans’’. Lors de l’étape contre la montre, j’avais de bonne sensation et surtout la veille de la grosse étape de montagne ou nous arrivons à Revel ou la victoire va se jouer entre 20 coureurs et je prend la 4 ème place. Ce jour la je fais 4 ème et le lendemain plus rien !!! Je ne sais pas si j’ai fait une erreur dans la nourriture ou autre, mais j’ai vraiment eu un coup de bambou lors de l’étape de montagne. Au début de l’étape de Guzet Neige je n’avais pas de bonne sensation et avec le froid rien ne sait arranger. Il est vrai que 10 jours de courses, je n’avais jamais fait cela depuis que je suis coureur. Pour faire 10 jours de courses il faut bien récupérer. Il y a peut être des petits points qu’ils va falloir retravailler.   

Maxime, ce Tour de l’Avenir 2008, est-il pour vous une déception ?

Une déception oui et non. Car a Revel je fini 4 ème et je voulait vraiment faire quelque chose au classement général final. J’ai tout perdu lors de l’étape à Guzet Neige.

Suite au Tour de l’Avenir vous avez participé aux championnats du monde sur route espoirs, après quelques jours de réflexions qu’elle est votre analyse sur la course ?

Pour ses championnats du monde, j’étais en bonne condition. Avec Emmanuel Hubert, nous avons essayés que je sois au top pour les championnats du monde. Suite au Tour de l’Avenir, j’ai plutôt fait de la récupération et ensuite avec l’équipe de France j’ai participé au Grand Prix d’Isbergues. Malheureusement sur Isbergues, j’ai été pris dans une bordure. Sur les championnats du monde je suis arrivé en forme. J’avais un rôle de second leader après Cyril Gautier qui était désigné pour la victoire finale. En deuxième rideau au cas ou Cyril ne pouvait pas faire quelque chose, il y avait Blel Kadri et moi-même. En ce qui me concerne, je devais pointer le bout de mon nez dans les 3 derniers tours de circuit pour aider Cyril Gautier. A 4 tours de l’arrivée, Cyril s’est retrouvé dans un groupe de 5 et moi tout de suite derrière, je me suis mis dans un groupe de contre ou il y avait environ 15 coureurs. Mon rôle était de casser les relais de manière à ce que cela ne revienne pas sur Cyril. Dans la dernière difficulté du circuit a 10 Km de l’arrivée, nous nous faisons reprendre par le groupe qui était juste derrière nous et a partir de ce moment la les coureurs ont commencés a attaquer fort et j’ai accusé le coup. Je me suis relevé et j’ai fini tranquillement l’épreuve.

Après le Grand Prix d’Isbergues, comment avez-vous préparé le championnat du monde physiquement et moralement ?

Je suis une personne qui n’a pas vraiment la pression avant une course. Juste après Isbergues, nous sommes partis deux jours avec l’équipe de France ou elle a l’habitude d’aller. Sur ces deux jours nous avons roulés tranquillement et nous sommes arrivés le mardi soir à Varèse. Mercredi nous avons fait 3 heures de vélo dont deux tours de circuit de manière à bien le repérer et le jeudi 1 Heures 30 de vélo le matin en toute décontraction autour du lac ou nous étions. Après ce fut surtout de la récupération et du massage. La seule pression que j’ai pu avoir durant l’année ce fut avec l’équipe Agritubel ou j’étais le leader de l’équipe.  

Combien de kilomètres aviez-vous à faire en catégorie espoirs ?

Nous avions 180 kilomètres à effectuer, soit 10 tours de circuit.

Aviez-vous fait une reconnaissance du circuit du championnat du monde et comment l’aviez-vous jugé a ce moment la ?

Ce que j’ai retenu, c’est que dans les catégories espoirs, femmes et élites qu’il ne pleuve pas, car il y aurait eu une ‘’boucherie’’ sur la route avec tous ses virages dangereux, ses descentes  et toutes lignes blanches. Le circuit était très technique. La première côte était raide au départ et elle se finissait en faut plat. La seconde était a ‘’l’Italienne’’ tout en virage légèrement raide avec au sommet un long faux plat jusqu'à l’arrivée. Après la reconnaissance du circuit, je me suis dit que ce serait un circuit usant et que la sélection allait se faire par l’arrière et que la victoire allait se faire dans les 3 derniers tours.     

Maxime, la distance de la course ne vous a t-elle pas gênée ?

Non pas du tout. En plus dans la catégorie espoirs la course est complètement différente par rapport aux professionnels. La course se déroule par accourt. Il y a un manque d’organisation et quant il y a une échappée, les coureurs derrière ont beaucoup de mal à relancer.

Lors de ses championnats du monde utilisiez-vous les oreillettes ?

Non. En catégorie espoirs il n’y a plus d’oreillettes comme sur le Tour de l’Avenir.

Pour vous l’effet de ne pas avoir d’oreillettes sur les championnats du monde, il y a-t-il un changement ?

Oui, c’est un changement. Mais pour les championnats du monde, vu qu’il se déroule sur un circuit et qu’il y a des attaques très souvent les oreillettes ne servent a rien. La grosse différence a eu lieu sur le Tour de l’Avenir. Car nous avons l’habitude de courir avec chez les pros avec les oreillettes et sur le Tour de l’Avenir nous n’avions pas d’oreillettes et nous ne savions pas ce que nous devions faire. Sur ce championnat du monde, nous avions une équipe de France expérimentée avec Cyril Gautier, Blel Kadri et moi-même. Nous sommes dans notre dernière année en catégorie espoirs sauf Cyril. Avec le niveau d’expérimentation que nous avions a nous trois, nous connaissions le sens de la course. Cyril a peut être fait quelques petites erreur a l’avant de la course dans le dernier tour. Sachant qu’il ne va pas très vite au sprint, il a attaqué a plusieurs reprises.

Pensez-vous pas que d’utiliser les oreillettes, fausse la course ?

Je pense que dans les courses espoirs c’est bien de ne pas avoir les oreillettes. Cela permet de prendre le sens de la course en allant voir ses coéquipiers. Mais par contre dans les courses de classe 2, si ont enlèvent les oreillettes il faut les enlevées pour tout le monde. Chez  les professionnels, avoir les oreillettes c’est beaucoup mieux pour le parcours et la tactique de course en interne.

Avec les oreillettes sur le Tour de l’Avenir, pensez-vous pas que les étapes et le classement final aurait été différent ?

Je ne sais pas si le classement aurait été différent. Nous les coureurs de l’équipe de France nous avons fait le travail du premier au dernier jour. Tous les jours durant le course nous redescendions a la voiture pour avoir les consignes. Bakelants le vainqueur du Tour de l’Avenir gagne l’épreuve lors de l’étape où il prend 3 minutes. Ce jour la, moi je reviens sur lui tout seul de l’arrière. Bakelants gagne le général en contrôlant le contre la montre a la pédale. Avec ou sans les oreillettes Bakelants gagnait de la même façon le Tour de l’Avenir.

Maxime, êtes-vous favorable aux oreillettes ou pas ?

Je suis favorable aux oreillettes dans les courses pros. Mais contre dans les courses amateurs ou espoirs.

Comment analysez-vous la course Elite le dimanche ?

Ma réflexion est depuis que je fais du vélo, les championnats du monde Elite se déroule de la même manière. Il y a une échappée matinale qui part le matin avec des coureurs pas très connus. Ensuite le peloton temporise et après les équipes des leaders mettent en route. Que ce soit un championnat quelconque ou une course Elite en ligne la course se déroule pratiquement toujours de la même manière.

Maxime, quel va être votre programme maintenant ?

Je roulotte tranquillement en vu de préparer des 6 jours de Grenoble qui se dérouleront du 23 au 28 octobre avec un coureur amateur.

Avez-vous déjà pratiqué la piste ?

Oui, bien sûr. Je suis vis champion de France de poursuite sur piste derrière Damien Monier qui est champion de France de la discipline et vis champion de France de poursuite avec l’équipe de Provence. Aller faire les 6 jours de Grenoble, je suis très motivé car c’est ma région natale. Sur ces 6 jours de Grenoble, il y aura toute ma famille et mes amis (es). Depuis que je suis tout gamin, je rêvais de participer à ces 6 jours.     

Merci à Maxime Bouet d’avoir répondu a cette interview pour photos-cyclisme-pro.com.

Interview réalisée par Pascal Linget le 30 septembre 2008.