Interview de Lilian Jégou (Bretagne Schuller) qui nous parle de son début de saison au sein de la formation Bretonne et du projet de suppression des oreillettes.

Lilian, comment s’est passé votre début de saison au sein de la formation Bretagne Schuller ?

Pour moi, c’était ma reprise suite à ma chute sur le Tour de France 2008. J’étais content de pouvoir retrouver une aussi bonne condition physique. Depuis le début de la saison, je n’ai pas vraiment eu l’ouverture que j’aurais espéré.

 

Avec la formation Bretagne Schuller, nous avions surtout misés sur les épreuves de la Coupe de France dont nous sommes leader par équipes et d’un point de vu individuel, il sera très difficile d’aller déloger Jimmy Casper  en tête de l’épreuve. En ce qui nous concerne, nous allons essayer de nous placer dans les 5 premiers du classement individuel.

Espérez-vous garder cette première place au classement par équipes de la Coupe de France ?

Il faut reconnaître que ce classement par équipes de la Coupe de France est le fil rouge de la saison pour nous. A la date d’aujourd’hui, nous sommes à la moitié des épreuves. Lors du Grand Prix de Plumelec-Morbihan nous avons encore grappillé 5 points sur nos adversaires. Dans les prochaines épreuves, le classement va se jouer entre Agritubel et nous.

Vous m’avez parlé tout a l’heure que vous aviez un manque de résultat, il est dû a quoi se manque de résultat personnel ?

L’équipe a fait de bons résultats depuis le début de la saison avec une victoire sur une manche de la Coupe de France, une étape sur les 4 jours de Dunkerque. Personnellement en intégrant une équipe Continental, j’aurais souhaité avoir plus d’opportunités, mais j’espéré avoir ces opportunités dans la deuxième partie de saison avec notamment le mois d’août et septembre. Pendant le mois de juillet, j’espère pouvoir récupérer de ma première partie de saison pour être en forme en août et septembre.

Vous avez appartenu a une équipe du Pro Tour (FDJ) et depuis le début de l’année vous êtes chez (Bretagne Schuller) une équipe Continental qu’est-ce que cela vous fait d’avoir intégré une équipe Continental ?

Personnellement ce choix vient de moi- même. Pour moi, cela n’est pas un retour en arrière, mais moi qui est choisi de rejoindre Bretagne Schuller. J’aurais pu rester à la Française des Jeux. Du point de vu structure, cela permet de voir les courses différemment. Quant nous sommes au départ d’une course, nous avons tous un dossard dans le dos et a nous de pédaler.

Lilian, vous êtes Breton, le championnat de France sur route se déroule sur vos terres à Saint Brieux, avez-vous été repéré le parcours et quelles sont vos ambitions ?

J’ai déjà repéré le parcours des championnats de France à Saint Brieux au mois de janvier dernier. Ces championnats de France 2009 seront un ‘’chantier’’. Le circuit est très fatiguant avec plus de 240 kilomètres à effectuer. Je pense qu’il n’y aura pas vraiment de surprise pour le titre. L’effet que ces championnats de France se déroule en Bretagne, nous aurons les Bretons tous a cœur de bien faire. Je vais essayer de bien préparer ces championnats de France courrant juin, même si nous n’avons pas forcement beaucoup de courses pour préparer ces championnats.

Est-ce que se sera plus un esprit d’équipe (Bretagne Schuller) ou alors être plus les Bretons que l’on va retrouver a l’avant de l’épreuve ?

Malheureusement, l’équipe Bretagne Schuller n’a pas les moyens de peser sur ce genre d’épreuve. Il faut être honnête, nous essayerons  pourquoi pas avoir des coureurs dans l’échappée matinale et après faire ce que nous pourrons.

Sur les championnats de France sur route 2009, il n’y aura pas d’oreillettes, qu’est-ce que cela change pour vous ?

Nous avons déjà eux l’occasion de faire la dernière étape du Tour de Lorraine sans les oreillettes. L’effet de ne pas avoir les oreillettes, nous permet de mieux communiquer entre nous. Dans la mesure où la course ne reposera pas sur nous, que nous ne ferons pas de grande manœuvre et que nous n’avons pas les moyens et pas les coureurs, je ne pense pas que cela change quelque chose pour nous. Par contre, cela risque de changer quelque chose pour les grosses équipes qui seront obligées de jouer la victoire finale. Maintenant sur un circuit comme les championnats de France, il est facile de donner des informations aux coureurs à différents endroits.

Si les oreillettes sont enlevées sur les autres courses pensez-vous pas que la physionomie de la course sera différente ?

Sur des courses en ligne la physionomie sera complètement différente, mais pas sur un circuit comme les championnats de France. Les équipes ne pourront pas positionnées des gens sur une étape en ligne pour donner des informations aux coureurs. Sur une course en ligne, nous aurons plus l’œil sur l’ardoisier.

Lilian, êtes-vous favorable ou pas favorable aux oreillettes ?

Pour ma part, cette année j’ai moins roulé que les années précédentes avec les oreillettes, car nous n’avons pas forcement 8 oreillettes dans l’équipe Bretagne Schuller. L’effet de ne pas avoir d’oreillettes, nous donnons plus d’importance a la carte, a la direction du vent, le changement de direction. En ce qui me concerne, j’ai toujours un morceau de scotch sur la potence ou sont notés les grimpeurs et les sprints sur le parcours du jour. Toutes les infos permettent de mieux comprendre la course et d’être moins téléguidé.

Pensez-vous que les oreillettes seront enlevées dans les prochains mois où alors tout cela sera mis aux oubliettes dans quelques mois ?

Je pense que cela n’aura pas beaucoup d’avenir. Les coureurs sont pour enlever les oreillettes, mais les directeurs sportifs dans les voitures prennent souvent les décisions et veulent avoir la main sur les courses. Les coureurs qui sont pour enlever les oreillettes sont des coureurs qui ne gagnent pas beaucoup de courses et par contre les équipes de sprinteurs qui raflent un maximum de courses, le système leur convient très bien.

Pensez-vous pas que d’enlever les oreillettes, va obliger certains coureurs qui restent à l’arrière du peloton à attendre les ordres du directeur sportif, vont devoir aller de l’avant ?

Oui je pense. Il peut y avoir plus de mal entendu. L’effet de ne pas avoir d’oreillettes, le coureur pourra faire davantage sa course et les échappées auront plus d’opportunités. Pour le moment ce test n’est fait que sur les championnats de France sur route. L’idée pour moi, serai de faire le test sur le Tour de France sur une ou 2 étapes.

 Lilian, vous ne serez pas au départ du Tour de France, qu’elle va être votre occupation ?

Je pense que depuis que je suis professionnel c’est la première fois que je ne serai pas au départ du Tour de France. Comme je serai en vacance au mois de juillet, je vais essayer dans profiter au maximum. De ne pas participer au Tour de France, va me permettre de mieux  préparer la fin de saison. Alors que les années passées, tout était axé sur le mois de juillet et après venait la fin de saison. Suite aux championnats de France, je vais décompresser au maximum et commencer à m’entraîner tranquillement chez moi en regardant le Tour de France a la télévision. Pendant ce mois sans compétition, je vais observer une coupure d’une semaine sans vélo et reprendre un entraînement régulier. Je ne serai pas un mois sans rien faire. Pour moi, je trouve bien dans une saison de pouvoir couper et repartir pour le reste de la saison notamment ou mois d’août ou septembre ou il y a de belles courses et pourquoi pas lever les bras une ou deux fois.    

Une participation au Tour de France 2009 ne va pas vous manquez ?

Bien sûr que le Tour va me manquer et que j’aimerai être au départ. Pour l’année 2009, c’est comme ça. J’aurai moins de rancœur cette année a ne pas participer au Tour que les années ou je n’y participais alors que j’avais ma place.

Avez-vous toujours des contacts avec vos anciens coéquipiers ou directeurs sportifs de la Française des Jeux ?

Dès que je vois mes anciens coéquipiers ou directeurs sportifs sur les courses tout se passe bien entre nous. Habitant pas très loin de chez Benoit Vaugrenard avec qui je roule régulièrement permet de connaître l’ambiance qui règne au sein de l’équipe.

Quand et où allez-vous reprendre la compétition après le mois de juillet ?

Je serai sûrement au départ de la Polynormande, puis le Tour de l’Ain, le Tour du Limousin, le Poitou Charentes et viendront ensuite toutes les classiques de fin de saison.

Quel est votre avenir au sein de la formation Bretagne Schuller, avez-vous l’intention de rester ou de revenir au sein d’une équipe Continental Pro ou dans une équipe du Pro Tour ?

J’ai un contrat jusqu’en fin 2010 avec l’équipe Bretagne Schuller et mon avenir est l’équipe Bretonne. Mon souhait serai que l’équipe Bretagne Schuller évolue et c’est dans ce but que j’ai rejoins la formation parce qu’il y avait des ambitions d’avenir. S’il y a possibilité que l’équipe passe en Continental Pro en 2010 l’information sera donnée pendant le Tour de France.

Comment avez-vous été accueilli au sein de la formation Bretagne Schuller par rapport aux coureurs de l’équipe sachant que vous veniez du Pro Tour ?

Je connaissais la plupart des coureurs de la formation, car ayant couru a leur côté sur différentes courses que se soit chez les amateurs ou les professionnels. Le but n’était pas d’arriver au sein de l’équipe Bretagne Schuller en disant ‘’voilà j’ai un vécu  et je sais tout’’. L’effet d’intégrer l’équipe Bretagne Schuller me permet de participer à des courses en France que je n’ai jamais faites depuis que je suis professionnel.

 

Merci à Lilian Jégou d’avoir répondu a l’interview pour photos-cyclisme-pro.

Propos recueilli par Pascal Linget le 4 juin 2009.