Interview de Maxime Bouet (Agritubel) qui nous parle de son début de saison et surtout de son avenir après l’annonce du retrait de son équipe Agritubel en fin de saison 2009.

Maxime, ou a débutée votre saison 2009 ?

J’ai débuté la saison 2009 lors du Grand Prix de la Marseillaise ou je fini en 7 ème position. Ensuite, j’ai enchaîné avec le Tour Méditerranéen, puis le Tour du Haut Var, les 3 jours du Vaucluse ou j’ai remporté une étape et 2 ème du classement général final derrière David Le Lay (Agritubel).

 

Le but de bien faire sur les 3 jours du Vaucluse était d’obtenir une sélection pour Paris Nice. Début mars, j’ai participé à Paris Nice et j’y étais pour me montrer.

Quel était votre objectif principal en ce début de saison ?

Mon objectif principal était d’être sélectionné pour Paris Nice et pour cela je devais être présent sur toutes les courses auxquelles, je participais. Etant en forme très tôt en ce début de saison, j’avais a cœur de bien ‘’marcher’’ sur les épreuves qui se trouvées a la maison. Pour moi, j’ai une victoire d’étape sur les 3 jours du Vaucluse, mais il faut remettre les choses a leur place l’épreuve est une classe 2. Les 3 jours du Vaucluse sont peut être en classe 2, mais cette année, il y avait un très bon niveau. Cela fait toujours plaisir de lever les bras pour une victoire.

Etes-vous déçu sur certaines épreuves de vos résultats ?

Oui, notamment sur le Grand Prix de la Marseillaise ou j’aurais pu faire beaucoup mieux. Et sur le Tour du Haut Var, je fini dans les 20 premiers au classement général final.

L’épreuve des trois jours du Vaucluse est classée en 2, mais pour vous cette victoire sur l’épreuve correspond comme si l’épreuve avait été classée en classe 1 par rapport a votre jeune expérience ?

Oui, tout a fait. Comme je l’ai dit a beaucoup de personne, il y a deux ans quand je suis arrivé sur l’épreuve avec l’équipe de la Pomme Marseille, j’ai fait la course de la première a la dernière étape. A l’époque, c’était les coureurs de l’équipe Agritubel qui me faisait mal aux jambes. En 2008, j’ai participais de nouveau a l’épreuve, mais au sein de la formation Agritubel et a l’époque, j’étais moyen sur l’épreuve et plus la pour jouer des ‘’placettes’’ mais pas pour gagner. Après trois années de présences sur l’épreuve, en 2009, je gagne une étape pour la première fois sur les 3 jours du Vaucluse.

Pensez-vous pas que l’équipe Agritubel, devrait mettre plus de jeunes coureurs sur les 3 jours du Vaucluse ?

Oui peut être. Je suis d’accord avec vous, mais ayant un calendrier galère et pendant la période des 3 jours du Vaucluse, il y avait l’ex Het Volk. Si l’équipe m’avait envoyé sur l’ex Het Volk, cela n’aurait servit a rien. Même avec certains directeurs sportifs de la formation, nous pensions partir sur les 3 jours du Vaucluse avec une équipe de jeunes coureurs vu que l’épreuve est en classe 2. Mais le calendrier est ainsi fait et nous n’avions pas le choix entre l’ex Het Volk et les 3 jours du Vaucluse. Sachant que sur les 3 jours du Vaucluse, les équipes ne peuvent pas mettrent plus de 6 coureurs par équipes. Je trouve dommage que sur des épreuves de classe 2, les équipes ne peuvent pas aligner plus de 6 coureurs. Notre équipe avait lors de ces 3 jours du Vaucluse des coureurs expérimentés, comme Sylvain Calzati, Nicolas Vogondy et David Le Lay.

Maxime, lors des 3 jours du Vaucluse, pensez-vous pas que les équipes amateurs présentes sur l’épreuve n’étaient pas ‘’dégoûtées’’ de voir les équipes Continental ou Continental Pro ne leur laisser que les miettes ?

Je ne peux pas vous répondre sur cette question. Cela fait deux années que j’appartiens à l’équipe Agritubel et ça fait deux ans que nous remportons les 3 jours du Vaucluse. Ma réflexion, aujourd’hui est de vous dire qu’Agritubel sur une épreuve comme les 3 jours du Vaucluse de classe 2 est comme l’équipe Astana sur Paris Nice, elle domine son sujet.

Suite aux 3 jours du Vaucluse, vous participez a votre premier Paris Nice, juste avant le départ quels étaient vos objectifs a titre personnel sur l’épreuve ?

Avec Emmanuel Hubert qui s’occupe de ma préparation, nous avions dit pourquoi pas aller chercher un ‘’placette’’ sur l’épreuve au classement général. Lors des premières étapes vu comment ça se passait avec des grand ‘’coup’’ de bordures, j’étais vraiment mal et je me suis dis maintenant, je laisse tomber le classement général et je mise sur une étape. Avec Emmanuel Hubert (DS), nous avions fixés l’étape de Saint Etienne pour faire un premier point sur Paris Nice. L’équipe Astana, avait bien cadenassée les premières étapes et après ce fût l’équipe Caisse d’Epargne qui a pris les choses en mains. Le jour ou l’échappée de Roy, Martin et Voeckler est allée jusqu’au bout, ça était l’étape ou j’ai été le plus mal.

Aviez-vous fait un repérage des étapes sur Paris Nice ?

Oui, j’avais repéré l’étape de Saint-Paul-les-3-Chateaux / La Montagne de Lure, car je ne réside pas très loin. La montée en elle-même est beaucoup moins dure que la montée du Mont Ventoux. L’effet d’avoir repéré la montée de la Montagne de Lure, m’a permit de pouvoir renseigné mes coéquipiers, mais surtout Christophe Moreau. En bas de la montée, j’ai replacé Christophe Moreau et après, j’ai essayé de remonter Geoffroy Lequatre pour pas qu’il ne perde trop de temps sur les meilleurs, vu que Geoffroy était le mieux classé au général de l’équipe Agritubel. A titre personnel, sur l’étape de La Montagne de Lure, je n’étais pas trop mal.

Comment étiez-vous dans les deux dernières étapes de Paris Nice ?

Le samedi dans l’avant dernière étape de Paris Nice, je me suis retrouvé dans une échappée de 10 coureurs (j’étais content). Avant que cette échappée prenne forme, le peloton a bagarré pendant plus de 60 kilomètres.  Jeune coureur que je suis, je me suis retrouvé dans l’échappée avec des coureurs de renoms comme Juan Antonio Flécha et c’était une première pour moi de me retrouver à côté de lui. Pour être dans une échappée sur Paris Nice, c’était plus dur que de gagner une étape. Sur la dernière étape le dimanche à Nice, je me trouvais en forme. Dans le col des Portes, je bascule dans les premières positions avec le maillot et comme avec moi, il y avait Christophe Moreau, je me suis complètement dévoué pour lui. Sur cette étape, j’ai fais le porteur de bidon pour Christophe. Ne connaissant pas le parcours de cette dernière étape, j’ai très mal abordé le col d’Eze, car j’étais dans les dernières positions du groupe. A Eze dès que nous avons virés a droite pour attaquer la montée, j’ai pris un ‘’coup’’ d’élastique.

Maxime, comment jugez-vous le parcours du Paris Nice 2009 ?

Paris Nice, était ma première grosse expérience d’une épreuve du Pro Tour, même si j’ai déjà participé à des belles courses d’une journée. Une course d’une semaine comme Paris Nice, a été une découverte. Ma satisfaction personnelle sur le Paris Nice est d’avoir mieux terminé l’épreuve que je ne l’avais commencée. En écoutant des anciens coureurs comme Christophe Moreau, c’était la première fois sur Paris Nice ou le peloton roulait aussi vite.

Dans quel but d’avoir fait une bonne performance sur Paris Nice ?

Cette performance sur Paris Nice avait pour but de peut être obtenir une sélection pour le Tour de France. Si Paris Nice était à refaire, je resterais plus calme sur certaines étapes.

Ne pensez-vous pas être encore un peu jeune pour une participation au Tour de France qui est une épreuve de trois semaines ?

Oui peut être. Comme je vous le disais, Paris Nice est une course d’une semaine et j’ai très bien récupéré de mes efforts. Maintenant le Tour de France est une épreuve sur 3 semaines avec deux ou trois jours de récupérations. Il y a des contres la montre et comme je suis jeune, ce sont des épreuves que je dois faire en dedans et les prendre comme des journées de récupération tout en pédalent quand même. Je suis persuadé, si je veux finir mon premier Tour de France, qu’il va falloir que je mette en application cette méthode. La chance que je peux avoir en étant au sein de la formation Agritubel, c’est une formation où il laisse la possibilité à des coureurs comme moi de pouvoir aller sur le Tour de France, contrairement a une équipe du Pro Tour.

Quels sont les conseils qu’Emmanuel Hubert vous donnes ?

Avec Emmanuel Hubert, nous avons établis  un programme de courses qui va me permettre d’arriver a mon pique de forme sans être ‘’cramé’’. Suite a Paris Nice, j’ai fais une grosse coupure pour refaire du ‘’jus’’ et bien récupérer pour pouvoir repartir dans une deuxième partie de saison et obtenir ma sélection pour le Tour de France.

Maxime, quel est votre programme de course après Paris Nice ?

Je Serais du 1 au 5 avril au Portugal pour participer à une course par étapes. Puis le Rhone-Alpes-Isère-Tour qui est une épreuve de classe 2 et en plus qui se déroule dans ma région natale. Ensuite, je participerai à la Flèche Wallonne, Liège Bastogne Liège auxquelles, j’ai participé en 2008, mais cette année je reviens avec beaucoup plus d’expériences. Au mois de mai, il y aura les 4 jours de Dunkerque, le Tour de Lorraine. Normalement, Agritubel devait participer au Tour de Catalogne, mais l’équipe n’a pas été invitée, comme sur le Dauphiné Libéré. En remplacement du Dauphiné Libéré, nous ferons un stage en montagne.

Comment réagirez-vous si vous n’obtenez pas votre sélection pour le Tour de France ?

Cela sera une déception pour moi. Pour le moment, je me suis fixé l’objectif d’être sélectionné pour le Tour de France 2009. Si je ne n’obtiens pas ma sélection au Tour, il y aura une très grande tristesse de ma part. Lors du stage que nous avons fait en 2008 avec le groupe de 9 coureurs sélectionnés pour le Tour, tous les directeurs sportifs avaient choisis un coureur de l’équipe en plus des sélectionnés et ils m’ont tous dit, Maxime a la pédale, tu aurais eu ta place au sein de la formation Agritubel sur le Tour de France 2008, mais en tant que néo pro, tu n’as rien a faire sur le Tour de France. Par contre, si tu reviens en 2009, au stage de préparation pour le Tour de France et que tu as la forme comme actuellement, tu sera au départ du Tour de France 2009.

Pour le Tour de France, il n’y a que 9 places et au sein de la formation Agritubel, il y a beaucoup de coureurs d’expériences et un jeune de 22 ans comme vous peux être mis sur la touche, même si vous avez fait de bons résultats pendant l’année ?

Que se soit des coureurs qui s’appellent, Moreau, Bouet ou Cousin, nous avons tous notre place. Au sein de la formation Agritubel, il y a eu une petite discorde, car des coureurs qui n’étaient pas présent sur le Tour de France 2008 ni sur Paris Nice 2009, ont jugés qu’ils fallaient avoir un nom pour participer a telle ou telle course. Il y a quelques semaines, les directeurs sportifs nous ont bien dit que cette année toutes les sélections pour les grandes épreuves se feront à la pédale et nous jugerons sur la forme du coureur. Par contre, des coureurs comme Christophe Moreau fait parti des coureurs ou personne ne peut rien dire, car c’est le coureur le plus expérimenté de l’équipe Agritubel.

Agritubel a annoncé son retrait du peloton professionnel fin 2009, comment réagissez-vous à cette décision ?

J’ai un manager qui s’occupe de moi et tout est déjà en place pour assurer mon avenir. Je suis déjà en discussion avec deux équipes Françaises. Maintenant la balle est dans mon camp et a moi de montrer ce que je suis capable de faire pour avoir le meilleur contrat possible pour 2010. En fin d’année 2009, se sera une page qui va se tourner avec Agritubel, mais je garderai en souvenir que sans elle, je ne serais peut être jamais passé professionnel.   

Fin 2009 sera encore une année dure pour le cyclisme Français, car il y aura des équipes en fin de contrats, pensez-vous pas que des coureurs plus talentueux que vous seront pris en priorités ?

Oui tout a fait. Mais je peux dire aussi que je suis jeune coureur et que mon avenir est devant moi. J’essaye de m’échapper le plus souvent possible de manière a me montrer a mes futurs employeurs et que l’on parle de moi dans les médias nationaux. 2 coureurs de la formation Agritubel arrêteront en fin d’année 2009, il s’agit Christophe Moreau et Nicolas Jalabert. Cela laisse 2 places de disponible pour des coureurs.

 

Merci à Maxime Bouet d’avoir répondu a cette interview pour photos-cyclisme-pro.com                                                    

Propos recueilli par Pascal Linget le 26 mars 2009