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pourquoi tu ne feras pas de la compétition ‘’ ? Interview de Paul Moucheraud (équipe Roubaix Lille Métropole) un coureur pas comme les autres venu de la haute montagne. Paul vous êtes un montagnard a 100%, comment êtes- vous arrivé au vélo ? Je suis arrivé dans le monde du vélo suite à une chute de ski. Je faisais du vélo pour le plaisir juste avant cet accident. Car a l’époque je faisais des sorties VTT avec des copains pour nous amuser et je me retrouvais souvent devant et suite a cela cet ami m’a dit ‘’mais |
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A la fin de la saison de ski en 1999, j’avais arrêté le ski alpin par manque de motivation car je le pratiquais depuis que j’étais jeune et en plus j’avais des problèmes à un genou. Lors de ma carrière de skieur, j’ai participé à de nombreuses compétitions de haut niveau, mais sans jamais faire de grands éclats. Avez-vous pensé à ce moment là à votre reconversion ? Suite a toutes ces années de compétitions de ski, j’ai voulu me reconvertir dans le VTT et j’ai participé à quelques courses ou je me suis pas mal distingué. Suite à cela, je me dis pourquoi pas attaquer une saison de VTT l’année prochaine ? J’en parle a mon père (qui est un ancien coureur professionnel) qui me rigole au nez en me disant ‘’ tu crois que cela va se faire comme ça, tu n’as pas d’expérience dans le vélo’’, je lui répond, je vais commencer et je verrais après. Malheureusement en fin d’année 2000 au mois de décembre chez moi a Val-Thorens, j’ai eu un grave accident de ski ou je me fais une luxation de la hanche, je me suis cassé la clavicule et 5 cotes. Les pronostiques des médecins n’étaient pas très bon sur mon avenir sportif en me disant que je ne pourrais plus refaire de sport de ma vie. Comment avez-vous vécu après les paroles des médecins ? Les jours qui suivirent mon accident, mais parents étaient avec moi et je me demandais si j’allais remarcher car lors de ma chute, j’étais tombé sur le dos et je m’étais bloqué les nerfs qui se trouvent le long de la colonne vertébrale. Le résultat était que je n’avais aucune sensibilité au niveau des pieds et mes parents ont eu très peur pour moi. Ayant passé trois semaines à l’hôpital complètement immobilisé, je suis parti à Cap Breton dans les Landes pour faire de la rééducation. Cette rééducation de ma hanche m’a permit de pratiquer le vélo et comme je n’avais pas le droit de faire aucun autre sport, je me suis mis au vélo. A quel moment avez-vous été contacté par Chambéry ? En 2001 et 2002, j’ai fais de la compétition, mais c’était dur pour moi, car j’étais entre la guérison de mon accident et la compétition qui me plaisait. En 2003 et 2004, j’ai refais du VTT en compétition et fin 2004 le club de Chambéry me contact en me disant, Paul nous souhaiterions t’avoir au sein de l’équipe cycliste. Ma réponse a été ‘’oui je veux bien mais vous êtes un club de route et moi je fais du VTT’’. Je veux bien venir, mais vous me laissez faire du VTT de temps en temps’’. Les dirigeants me disent ok, mais en contre partie, nous souhaiterions que tu participes à quelques courses sur route en fin de saison. Lors de ma première course qui s’appelait le ‘’Grand Prix des Vendanges’’ que j’ai gagné. Tout le monde m’a regardé, en se disant ‘’qui c’est, d’où il vient’’. En qu’elle année avez-vous intégré la formation Chambéry Cyclisme Compétition ? En 2005, j’ai intégré l’équipe de Chambéry Cyclisme Compétition qui était vraiment une équipe structurée. Chambéry était connu dans la région comme un club qui prenait ses coureurs en charges. Dans le même temps, mon père m’a poussé pour rejoindre cette formation. A partir de ce moment là tout c’est très vite enchaîné, j’ai dû faire une quinzaine de courses sur route dans l’année et en plus de la compétition sur route, j’ai aussi participé à des compétitions de VTT. En fin d’année 2005, j’ai été repéré par le centre de formation de l’équipe AG2R qui m’a demandé si je souhaitais participer au Tour de Moselle avec l’équipe de DN1. Moi qui courait en régionale voir en nationale, je voyais ces coureurs comme des monstres vu qu’ils couraient en DN1 et en Elite. Sur le moment, je ne souhaitais pas participer a ce genre de course car j’avais peur de me faire ‘’luncher’’. Et lors de ce Tour de Moselle, j’ai fais deuxième d’une étape. Suite à cette belle prestation de ma fin de saison 2005, le centre de formation de l’équipe AG2R me propose pour l’année 2006 de rejoindre l’équipe de DN1, mais par contre je devais arrêter le VTT. Les dirigeants mon proposé de les rejoindrent dans l’optique de me faire passer professionnel et de suivre une formation. Qu’elle fut votre réaction a cette proposition ? Intégré un centre de formation a l’âge de 26 ans, cela est très rare. J’ai dit ok et j’ai intégré le centre de formation de l’équipe AG2R. Durant l’année 2006, tout s’est très bien passé et je suis resté au sein du centre de formation jusqu’en fin d’année 2007 et suite a ces deux années de formation, j’ai signé un contrat avec l’équipe de Roubaix Lille Métropole. Avez-vous rencontré des problèmes à intégrer l’équipe de Roubaix ? Ayant été stagiaire au sein de l’équipe AG2R en fin d’année 2007, j’ai eu moins de problèmes pour intégrer l’équipe de Roubaix Lille Métropole. Pourquoi n’avez-vous pas été gardé au sein de l’équipe AG2R ? A l’époque ou j’étais stagiaire avec l’équipe AG2R, je faisais beaucoup de remplacement de coureurs ce qui m’a permit de courir très souvent. Et en fin de saison 2007 étant donnée qu’il y avait beaucoup de concurrences pour rejoindre l’équipe AG2R, Vincent Lavenu a préférer recruter un jeune Estonien beaucoup plus jeune que moi. Et vu que Vincent ne me gardait pas au sein de son équipe, je me suis dit, si je ne trouve pas d’équipe j’arrête le vélo et je vais retourner a Val-Thorens refaire du ski. Comment avez-vous trouvé le contrat avec l’équipe Roubaix Lille Métropole ? Le contrat que j’ai eu pour l’année 2008 avec l’équipe Roubaix Lille Métropole, je le dois à Bruno Roussel, Vincent Lavenu et Jean Luc Jonrond qui connaissaient Cyril Guimard. A l’époque Bruno Roussel avait dit a Cyril Guimard, j’ai un coureur qui a 27 ans est il n’a pas de contrat pour 2008. Cyril Guimard lui a répondu, moi je ne prends que de jeunes coureurs les ‘’vieux de 27 ans ne m’intéresse pas’’. Bruno explique mon histoire a Cyril Guimard et le contact s’est crée comme ça. Que retenez-vous de votre première année chez les pros ? La seule chose que je retiens s’est qu’il faut bosser beaucoup plus quand on est professionnel qu’amateur. Quant j’étais amateur, je ne faisais jamais d’intervalle à l’entraînement ne sachant pas a quoi cela correspondait. Je ne comptais que sur les courses pour faire de belle chose. Même pour ma première année, des personnes m’ont dites que le milieu professionnel était beaucoup plus dur que chez les amateurs, mais par contre que les courses étaient plus longues et que ça roulait plus vite. Cette réflexion a provoquée en moi une certaine angoisse, donc j’ai rallongé mes sorties d’entraînements. N’étant pas une personne qui stress, je ne me suis pas mis de pression. Quand je vois des jeunes néo pro qui roulent actuellement comme des malades au mois de décembre, j’ai beaucoup de mal à le comprendre. De plus, j’avais mon père (ancien coureur pro) qui était derrière moi en me disant, il ne faut pas que tu arrives les mains dans les poches. Après plusieurs semaines voir mois, je me suis adapté et j’ai fait avec mes possibilités. Paul, vous vous considérez comme un grimpeur ou un baroudeur ? A l’époque où j’étais amateur je ne grimpais pas trop mal, mais avec les pros c’est autre chose. Je deviens un grimpeur moyen. Depuis que je suis passé professionnel, je suis le genre de coureur un peu passe partout. J’ai aussi un avantage de pouvoir m’adapter à tous les terrains. Quel est votre terrain d’entraînement ? Il faut savoir qu’a Val-Thorens, il y a de la neige jusqu’au mois de mai, donc pas de possibilité d’y habiter. Pour rejoindre Val-Thorens, il y a 40 Km d’ascension depuis Aix-les -Bains. Au grand regret de Cyril Guimard, car il souhaiterait que je réside a l’année a Val-Thorens. Qu’elle fut votre réponse a Cyril Guimard ? J’ai répondu à Cyril Guimard, je ne peux pas habiter à Val-Thorens à l’année car la station est très haute (2300 mètres). Quand la station ferme, il n’y a plus rien, plus aucun commerces. Résidant à Aix-les-Bains, j’ai plus de possibilité pour m’entraîner correctement. Paul, quels sont vos objectifs dans le monde du vélo dans les années a venir ? Dans un premier temps, faire mes armes au sein de l’équipe de Roubaix Lille Métropole ou tout se passe très bien. Et mon souhait serait d’intégrer dans les années à venir une équipe à l’échelon supérieur pour pouvoir faire des courses plus importantes. L’avantage dans l’équipe de Roubaix Lille Métropole c’est que nous ne sommes pas beaucoup de coureurs donc nous courrons très souvent. Par contre partir dans une grande équipe pour un coureur qui n’est pas très fort, il y a le risque de ne pas courir très souvent. A titre personnel, je préfère courir que m’entraîner. C’est Vincent Lavenu qui vous a donné votre chance dans le monde du cyclisme professionnel, pensez-vous qu’il garde un œil sur vous ? Oui, je pense qu’il me surveille beaucoup. Vincent Lavenu, m’appelle très souvent après les courses où il vient me voir pour savoir comment ça s’est passé ou avoir mes résultats. Suite à différentes chutes durant la saison 2008, je pense qu’il ne me manquait pas grand chose pour rejoindre l’équipe AG2R La Mondiale pour la saison 2009. Paul, quel est votre meilleur souvenir de la saison 20O8 ? Mon meilleur souvenir restera sur le Tour de l’Ain, lors de la première étape ou je m’échappe avec 2 autres coureurs ou je fini deuxième de l’étape. C’est aussi pour cela que je fais du vélo pour vivre des moments comme ça. Avant le départ de cette étape du Tour de l’Ain, aviez-vous prévu de vous glisser dans une échappée ? Oui, le matin au briefing avec Frédéric le directeur sportif nous en avions parlés. Le matin Frédéric me dit ‘’Paul tu es chez toi aujourd’hui, tente de te faire voir en faisant quelque chose’’. Suite a cette étape vous faites 2 de l’étape, étiez-vous déçu ? Sur le moment j’étais déçu. Mais vu que je suis dans ma première année de professionnalisme je ne dois pas être déçu d’avoir fait deuxième. Par contre si j’avais plusieurs années derrière moi de cyclisme, oui j’aurais été déçu. Après quelques minutes toute l’équipe était contente pour moi et la déception a disparue. Quel est votre plus mauvais souvenir ? Mon plus mauvais souvenir reste l’arrivée d’une étape du Tour de Picardie, cette année avec une chute lors d’un sprint massif a 300 mètres de la ligne d’arrivée. Dans ce sprint, un coureur chute devant moi et je viens m’encastrer dans lui. Ce jour là, ma maman qui a une maison de famille dans le nord de la France est venue me voir et par malchance elle ne m’a jamais vue franchir la ligne d’arrivée. Par contre, j’ai eu une chute plus importante lors de la dernière étape du Tour du Limousin ou Lloyd Mondory (AG2R La Mondiale) a 10 kilomètres de l’arrivée ou Mondory m’a poussé dans le caniveau et je me suis prit un poteau électrique et ma main a été touchée. Qu’elles ont été les conséquences de ces deux chutes ? Pas très grave sur le Tour de Picardie ou je n’ai eu seulement que quelques contusions. La chute la plus grave reste sur le Tour du Limousin ou ma main a été touchée et les conséquences de cette chute qui m’on obligé a un arrêt de quelques semaines et de perturber ma fin de saison. Avez-vous un ou des points forts sur les courses ? J’aime bien les sprints massifs avec un groupe d’une cinquantaine de coureurs ou je pense pouvoir tirer mon épingle du jeu. Paul, pendant l’hiver que faites-vous ? Ayant arrêté ma saison cycliste fin Octobre 2008 sur un critérium à Levallois (région parisienne) a partir de cette date j’ai effectué une coupure d’un mois complet sans sport. Etant remonté a Val-Thorens, j’ai repris l’entraînement sportif par de la course a pied, du ski, du ski fond et de la musculation tout cela sans trop forcer. Nous sommes fin décembre et maintenant je fais du sport un peu plus assidûment le matin et l’après-midi. Le problème de s’arrêter longtemps sans faire du sport, j’ai eu beaucoup de mal a repartir du bon pied. A l’époque ou j’étais amateur, je faisais ma saison de moniteur de ski complète et je ne reprenais la compétition sur route qu’au mois de mai. Connaissez-vous votre programme du début de saison 2009 ? Pour compléter mon entraînement, je vais partir avec deux autres coureurs en Espagne du 3 au 17 janvier 2009. De retour en France après 15 jours en Espagne, je serais en France pendant 1 semaine et suite a cela je repartirais avec toute l’équipe de Roubaix Lille Métropole en stage a Nice pendant une semaine environ et je débuterais ma saison 2009 sur le Grand Prix de la Marseillaise. En ce qui me concerne, je ferais une trêve obligatoire, car je dois finir mon brevet d’état de skieur pour obtenir mon diplôme. Cet examen se déroulera à Chamonix du 3 au 15 février et se fera en 2 fois cinq jours. Après cette trêve, je serais au départ du Tour du Haut Var. Cette coupure d’environ quinze jours ne va-t-elle pas vous perturber pour votre début de saison ? Non pas du tout. Cet examen ne dure que 2 fois cinq jours ce qui me permettra de pouvoir rouler le week end. Cyril Guimard, m’a dit que je ne perdrais presque rien. Merci a Paul Moucheraud d’avoir répondu à cette interview pour photos-cyclisme-pro.com. Propos recueilli par Pascal Linget le 26 décembre 2008.
Paul MOUCHERAUD
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