Interview de Renaud Dion (AG2R La Mondiale) qui nous parle de son parcours lors des classiques de printemps.

Renaud, un petit bilan de votre participation sur les classiques de printemps ?

Je ne vais pas dire que mon bilan est très satisfaisant, mais j’essaye de faire mon travail. D’un point de vu sportif, nous avons manqués au sein de l’équipe AG2R La Mondiale d’un peu de sérieux dans certaines épreuves.

 

Il ne faut pas que je reste là-dessus et de garder que le côté positif des choses et l’utiliser pour le reste de la saison. Je ne peux pas être satisfait de mon parcours personnel sur les classiques, sachant que derrière il faut que je travail pour mes différents leaders.

Que vous a t’il manqué a titre personnel tout en aidant vos leaders pour être dans une échappée ?

Il ne me manquait pas grand-chose pour être dans une échappée ou dans un groupe d’une trentaine de coureurs. Sur une course, nous étions 5 coureurs de l’équipe AG2R La Mondiale entre la 30 ème et la 50 ème place, mais malheureusement nous n’arrivons pas a revenir rapidement sur ce groupe de 30 et nous laissons des forces inutilement. Il me manque juste quelque chose pour que je sois dans le peloton et qu’une autre course commence pour moi. L’équipe n’a pas toujours était bien, comme à Waregem ou au Tour des Flandres. Sur le Tour des Flandres, nous sommes complètements passés à travers la course et je me suis retrouvé seul avant les premières difficultés.

L’effet que l’équipe AG2R La Mondiale ne soit pas dans la bonne échappée, pensez-vous pas que cela vous force a rouler et a dépenser des forces ?

C’est plutôt un complexe psychologique. L’effet de se louper cela n’apporte pas forcement une grande confiance pour les courses qui suivent. Nous avons un très bon groupe et il manque un petit truc pour que le déclique arrive. L’effet d’avoir se déclique et ce résultat, va pousser les autres coureurs a aller encore plus loin. Nous faisons souvent les mêmes classiques d’une année à l’autre et d’avoir un brun de réussite en plus et plus de concentration des coureurs nous pourrions faire une course complètement différente. Dans notre groupe, nous avons des coureurs qui vont très vite au sprint et cela peut permettre de faire quelque chose au final.

Il faut reconnaître que vous avez un très bon groupe, mais ne vous manque- t’il pas un vrai leader de classique ?

Nous n’avons pas grands leaders au sein de la formation AG2R sur les classiques pour le classement. Le seul à pouvoir faire quelque chose est Martin Elmiger, il l’a montré lors du Tour de Flandres en obtenant une 9 ème place, ce qui n’est pas négligeable. Au sein de l’équipe AG2R La Mondiale, nous avons certains coureurs protégés, mais il n’y a pas vraiment de leader pour qu’il soit emmené sur un plateau. Chez AG2R, nous avons tous la chance de pouvoir faire quelque chose soit lors d’une échappée matinale ou sur la course. Après, cette tactique n’a pas forcément réussit sur les classiques de printemps. Depuis un an, nous avons beaucoup de mal sur des courses normales. Alors que sur les classiques la préparation est complètement différente, la stratégie et la tactique le son aussi. Sur les classiques, il faut prendre des risques autrement, il vaut mieux rester chez toi ou alors faire d’autres courses.

Sur les classiques de printemps telle que le Tour des Flandres, Paris Roubaix ou encore Amstel Gold Race, est-ce qu’il faut être plus kamikaze ou être un équilibriste ?

Il faut être les deux. Si tu n’ai pas kamikaze et que tu ne frottes pas, tu ne pourras pas éviter les chutes et il faut aussi que tu sois équilibriste de manière à sauter les trottoirs et éviter les gens.

Après 5 participations à Paris Roubaix, allez- vous continuer à participer à l’épreuve ou prendre une autre direction ?

Il y a trois ans, je me suis dis, cette course n’est pas faite pour moi. Il faut reconnaître que j’aime bien là faire quand même. Paris Roubaix est une belle course et c’est une chance d’être au départ de l’épreuve. En 2008, j’ai retrouvé l’espoir de pouvoir faire quelque chose et cette année, il ne m’a pas manqué beaucoup de chose pour faire une meilleure place que l’année passée. Cette année, je fais 60 ème et il faut reconnaître qu’il ne me manque presque rien pour rentrer dans les 30. Sur Paris Roubaix, il y a aussi le facteur chance qui intervient, comme le placement ou la concentration. Paris Roubaix, fait partit des courses où il faut avoir de l’expérience pour tenir jusqu'à la tranchée d’Arenberg et d’être encore sur l’épreuve. La traversée de la Tranchée d’Aremberg est très souvent le moment ou Paris Roubaix se joue. Plus tu participeras à Paris Roubaix et plus tu apprendras à te placer et à regarder les coureurs faire pour réussir a ton tour pour les années suivantes. Un coureur qui arrive sur l’épreuve ne sait pas trop ou se placer et tu te retrouves piègé.

Pensez-vous quand France, il y a un coureur Français capable d’être le ‘’Boonen Belge’’ ?

Je pense qu’un coureur comme Sylvain Chavanel a de bonnes qualités pour réussir sur cette épreuve. Sylvain s’est très bien se placer et si son équipe est faite pour gagner l’épreuve, il n’y aura aucun problème. A lui maintenant de maître tout de son côté pour gagner l’épreuve. En France, il y a un autre coureur qui montre le bout de son nez sur ce style d’épreuve, il s’agit de Mathieu Ladagnous qui est un bon coureur de classiques. Comme je le disais juste avant, pour prétendre à réussir sur les classiques il faut avoir de l’expérience et aujourd’hui ces épreuves ne réussissent pas aux jeunes coureurs.

Sur une épreuve comme Paris Roubaix, vaut-il mieux rouler sur un parcours sec ou un parcours humide ?

Sur un parcours humide, il y a toujours des risques même si nous sommes nombreux. Sur les pavés de Paris Roubaix avec un temps humide l’adhérence est plus précaire. Cette année la route était sèche mais dangereuse dû a des parties humides par endroits. Ces parties humides occasionnent beaucoup de chutes.

Avez-vous eu l’occasion de regarder à la télévision le résumé de Paris Roubaix au moment ou Thor Hushovd chute alors qu’il se trouve avec Tom Boonen ?

Oui j’ai vu cette chute à la télévision. Thor Hushovd fait une erreur et il est aussi dans la fatigue dû au kilométrage de l’épreuve. Thor a dit après l’épreuve qu’il avait eu des regrets. Il faut reconnaître que Thor Hushovd fait une erreur de trajectoire. Sur Paris Roubaix, le vainqueur de toujours celui qui fait le moins d’erreur sur l’épreuve. Même si Boonen a chuté au début de l’épreuve, il a évité celle de la fin de parcours et mis la pression sur les autres coureurs qui l’accompagnaient.

Après deux participations a l’Amstel Gold Race, quel bilan tirez-vous de votre participation ?

En connaissant mieux la course, cette année j’ai vu que c’était plus facile. Mon rôle était aussi de remonter les leaders dans les parties stratégiques. Mais vu que j’avais participé à l’épreuve en 2008, je savais où le parcours faisait mal. D’être bien placé cette année, a fait que la course a été plus facile pour moi. J’aurais préféré aider Rinaldo Nocentini sur la fin, mais vu qu’il y avait d’autres coureurs protégés à aider aussi et au bout du compte, nous nous sommes aperçus qu’il y avait que Rinaldo Nocentini qui était bien. Si j’arrive sur l’Amstel Gold Race étant un peu plus préparé, je pense qu’il est possible de faire quelques choses. Avec le temps que nous avons eus cette année sur la plupart des classiques la fatigue est là aujourd’hui.

Comment avez-vous réagit, quand vous avez vu Hubert Dupont a l’avant dans Liège Bastogne Liège alors que vous vous étiez chez vous ?

J’ai regardé la course parce que cela me faisait plaisir de la regarder. Mais j’ai été très content de voir Hubert à l’avant de la course. Hubert fait parti des bons coureurs de l’équipe et je pense que d’être devant lui a fait du bien au moral. Hubert a bien couru car il ne s’est pas trop affolé à l’avant. Quand je vois Cyril Gautier qui était dans l’échappée comme un ‘’chien fou’’ en faisant un peu n’importe quoi. Je me dis que lui il a bien couru et bien géré sa course en se faisant reprendre juste après la Redoute par le groupe de coureurs et n’a pas exploser. En arrivant au pied de la côte de la Roche aux Faucons dans un bon groupe et si ce groupe s’était mieux entendu il aurait pu prendre un peu plus d’avance et pourquoi pas passer dans le peloton de tête. Il est bien pour l’équipe de montrer le maillot.

Après l’Amstel Gold Race quel va être votre programme ?

Je ferais mon retour à la compétition lors du Trophée des grimpeurs, puis les 4 jours de Dunkerque. Suite a ces deux épreuves, je devrais être soit au départ du Tour de Picardie ou du Circuit de Lorraine ou peut être des deux. Tout dépendra du groupe entre les coureurs blessés et les malades.

 

Merci a Renaud Dion d’avoir répondu à cette interview pour photos-cyclisme-pro.

Propos recueilli par Pascal Linget le 28 avril 2009.