Interview de Renaud Dion (AG2R La Mondiale).

Renaud, pourriez-vous nous faire un premier bilan des trois premiers mois de la saison 2009 ?

Je n’ai pas encore vraiment un bilan tout a fait satisfaisant. Ce manque de satisfaction est dû tout simplement à un manque de résultat. Mon début de saison à débuter au Tour du Qatar, puis le Tour Méditerranéen.

 

Ces deux courses étaient là pour me préparer aux classiques qui vont arrivées. L’enchaînement du Tour du Qatar et du Tour Méditerranéen n’était pas facile. Ma participation à l’ex Het Volk et au Flandres Occidentales a été un peu mitigées. La forme était là, mais pas forcement la tête. Au fil des courses tout s’arrangent et cela présume une bonne saison sur les classiques de printemps.

Vincent Lavenu me disait au départ de Paris Nice, qu’il manquait quelque chose a l’équipe AG2R La Mondiale a chaque début de saison depuis quelques années du point de vu des résultats, quel est votre avis sur ce problème ?

Il est vrai que nous avons essayés de changer quelques choses dans notre préparation lors des stages d’hiver en faisant plus d’efforts et d’intensités pour être mieux. C’est la structure de l’équipe qui fait que nous avons beaucoup de coureurs qui visent une place dans la sélection pour le Tour de France ou les courses a étapes pour la seconde partie de l’année. Cette façon bloque aussi une partie de l’équipe qui n’est pas forcement performante. Il faut aussi avoir une partie de l’équipe qui participe aux courses du début de l’année. Le poids de la course repose aussi sur quelques coureurs sur des courses nerveuses ou ça part dans tous les sens. Au sein de la formation AG2R La Mondiale, il y a du mieux depuis quelques temps, mais avec la grosse période des classiques qui arrivent maintenant et cela jusqu'à Paris Roubaix. Nous pourrons voir après si le travail qui a été fait en amont a payé. *Par contre au contraire, si ça ne fonctionne pas, il faudra savoir pour au mois de mars et avril nous n’arrivons pas à faire des résultats.

Le week end dernier vous avez participé a Cholet Pays de Loire, vous avez été pendant un certain temps en tête, est-ce que c’était pour voir ou vous en étiez en vue des classiques ou par besoin de mettre le ‘’nez’’ a la fenêtre ?

Cholet Pays de Loire est une course comme les autres. Au sein de notre équipe, nous avions des coureurs qui n’avaient pas courus depuis 15 jours. Cholet n’était pas une course pour se tester, mais pour faire des efforts après une coupure de 15 jours. Cholet, n’a pas était une course de préparation, mais une course pour essayer de gagner. Nous avons besoin d’aller chercher des victoires en ce début de saison et en plus l’épreuve compte pour la Coupe de France Crédit Agricole, dont c’était la première manche. Sur Cholet Pays de Loire, nous avons manqués un peu de réussite.

Pensez-vous pas que sur des épreuves comme la Coupe de France, une équipe comme AG2R La Mondiale a plus tendance à mettre des jeunes coureurs qui débutent ?

Oui tout a fait. C’était un peu la politique des dirigeants de l’équipe les autres années. Cette année, nous allons essayer de mettre des leaders avec des jeunes coureurs. Sur Cholet Pays de Loire, il y avait Cyril Dessel, mais suite à sa chute lors du Tour de Californie, il n’était pas forcement au mieux sur Cholet Pays de Loire. Il devait y avoir Arriéta qui devait venir aussi, mais comme il sait blessé sur Paris Nice il n’est pas venu. Malheureusement à chaque fois, il y a des leaders qui sont blessés ou qui ont eus des petits problèmes juste avant une épreuve. Sur la Coupe de France nous devrions avoir au départ de certaines épreuves des coureurs comme Efimkin, Valjavec ou encore Nocentini. Après il faut que ces coureurs viennent sur les épreuves en étant en forme et pour faire la course. Autrement rien ne sert de faire venir ces coureurs là, si c’est juste pour faire une course de préparation et faire du rythme.  

Sur Cholet Pays de Loire, le résultat de votre équipe est en 20 ème position Cédric Pineau, en 28 ème position Stéphane Plouhies  et vous juste derrière, quel est votre réaction sur ce résultat ?

Dans le final, le sprint était un ‘’ollé ollé’’. Dans la tactique de course nous avions Stéphane qui devait faire le sprint, mais malheureusement, il a craqué à 100 mètres de la ligne d’arrivée. Après, nous avions Cédric Pineau qui va vite au sprint. Je pense que nous étions un peu fatigués sur le final et qu’il nous a manqués du ‘’jus’’ pour finir correctement.

Sur une course comme Cholet, avec le vent qu’il y avait, se fût une course d’usure ?

Oui, Cholet fait partie des courses usantes. Quand on regarde la moyenne a l’arrivée qui avoisine les 42 Km /h sur 205 Km sur des routes sinueuses et avec un vent défavorable pratiquement sur l’ensemble du parcours. Sur ce genre d’épreuve et ce genre de parcours, il faut être attentif et être bien placé. Tout cela représente des efforts et en plus, nous avions le Trophée des 10 bosses sans compter toutes celles qui ne sont pas répertoriées. Ce qui fait que sur la fin de course nous sommes un peu moins bien. Nous n’avons pas fait une mauvaise course, mais il nous manque la petite touche finale dans le sprint. Nous ne devons pas non plus nous contenter d’être présent dans la course, mais aussi faire partie des échappées et être présent tout au long de la journée.

Lors du Briefing avec Gilles Mas le directeur sportif de l’AG2R La Mondiale sur l’épreuve de Cholet, quelles étaient les consignes ?

Au départ de la course, il y avait deux coureurs qui ne devaient pas bouger avant le final, il s’agissait de Cyril Dessel et moi même. Le groupe de néo pro devait se lancer dans les premiers coups puis un deuxième groupe plus pour la vigilance sur des coups plus important. Cyril Dessel ne se sentait pas très bien dû à des problèmes lors de sa préparation. Une course ne se déroule pas forcement comme nous l’avons prévue sur le papier. Personnellement, j’étais gardé pour la deuxième partie de course tout en étant attentif à ne pas prendre des cassures tout en gardant des forces pour le final. Le rôle de certains coureurs, n’est pas de faire le début de la course et après 100 Km de dire, j’ai fini ma course. Le but est de bien courir et d’encadrer les jeunes coureurs pour les aider a aller dans les coups et de ne pas être un ‘’chien fou’’ en allant dans tous les coups et de sauter sur tout ce qui bouge. Si sur une épreuve de la Coupe de France nous ne sommes pas représenté dans une échappée, il va falloir rouler pour revenir et peut être laisser des forces.

Tout à l’heure vous me parliez du Challenge des 10 bosses, quand on regarde le classement, il n’y a que vous qui avez marqué des points (2) ?

Il faut reconnaître que j’aurais pu faire mieux. Sur la dernière partie du parcours, j’étais souvent dans les échappées et bien placé. Je ne me suis pas vraiment battu pour le Challenge des 10 bosses. L’effet qu’il y ait souvent des échappées, mais pas toujours avec les mêmes coureurs ça met des points sur beaucoup de coureurs. Le Challenge des 10 bosses, n’était pas forcement une priorité et d’être échappé sur la fin de course, je pensais plus a aller au bout.

Renaud, quel va être votre programme après Cholet ?

Je serais demain  mercredi à Waregem, samedi au Grand Prix E3 à Harelbeke et ensuite les trois gros morceaux avec le Tour des Flandres, Gand-Vewelgem, Paris Roubaix et le Grand Prix de Denain avant de faire une coupure.

Cette coupure sera la première depuis le début de saison ?

Oui tout a fait. Ayant un peu moins couru qu’initialement prévu. Cette coupure sera simplement quelques jours sans vélo, mais pas une coupure de deux ou trois semaines. Je verrai en fonction de mon état physique à la sortie des classiques de printemps pour savoir si j’ai vraiment besoin de récupérer.

Pourquoi avoir moins couru que prévu ?

Tout simplement a des choix d’équipe. Je devais participer à Tirreno Adriatico et Milan San Remo et au final, j’ai participé à Cholet Pays de Loire. Je ne pense pas avoir fait un mauvais début d’année. Il n’est pas toujours évident et nous sommes dans un sport de haut niveau.

A partir du mois d’avril, vos objectifs seront-ils différents par rapport à votre première partie de saison ?

L’effet d’avoir doublé le Tour du Qatar et le Tour Méditerranéen, la condition physique n’a pas été là. Les cinq coureurs qui ont doublés ces deux courses, n’ont pas forcement étaient en bonne condition après. Il est vrai que sur huit coureurs, nous étions cinq à ne pas être au top sur la Coupe de France à Cholet Pays de Loire, c’est un peu dommage. Ces objectifs seront reportés sur les mois d’avril et les mois de mai ou juin. En participant aux classiques, le but sera d’obtenir des bons résultats. Pour Paris Roubaix, j’essayerai d’être dans l’échappée matinale pour éviter le stress.

Sur Paris Roubaix ou les autres classiques allez-vous utiliser un autre vélo qu’a la coutume ?

Non pas du tout. Nous utiliserons simplement des pneumatiques différents avec du matériel différents et notamment des boyaux qui seront testés en Belgique. Tout cela dépendra du temps que nous aurons sur Paris Roubaix. Sur Paris Roubaix, nous n’aurons pas un remaniement complet du vélo, simplement des petites choses comme du gel entre le cintre et la guidoline.

 

Merci a Renaud Dion d’avoir répondu à cette interview pour photos-cyclisme-pro.com.

Propos recueilli par Pascal Linget le 24 mars 2009.