Interview de Stéphane Bonsergent (Bretagne Schuller) qui nous parle de son début de saison 2009.

Stéphane, pourriez-vous nous faire un premier bilan de vos principales courses du début de saison ?

J’ai un premier bilan satisfaisant. Ce bilan est correct par rapport aux objectifs que je m’étais fixé en début d’année.

 

Je souhaitais faire l’impasse sur les premières épreuves et débuter ma saison sur l’Etoile de Bessèges et le Tour Méditerranéen sans aucune prétention. Par contre à partir de Cholet Pays de Loire, j’espérais obtenir de bons résultats. Finalement tout s’est bien déroulé et j’ai été présent dans le final de toutes les courses  auxquelles j’ai participé.

De faire l’impasse sur certaines courses a pour but de ‘’tomber’’ en forme a partir de Cholet jusqu'à maintenant ou avez-vous changé de méthode d’entraînement ?

Je peux vous réponse que les deux solutions font parties de mon programme du début de saison 2009. Il est très difficile de se préparé pour le début de saison et de garder la forme jusqu’au mois de octobre. Fin 2008, j’ai fini la saison pas laborieusement mais fatigué, voilà pourquoi pour 2009, j’ai préféré différer mon retour à la compétition un peu plus tard que les années précédentes. Pour l’année 2009, mes objectifs seront plus ciblés pour une période bien précise. Le choix de bien cibler mes objectifs commence à se faire sentir.

Stéphane, contrairement aux années précédentes on vous voit plus souvent aux avant poste et notamment dans les sprints ?

A mon avis, j’ai la même constance dans les résultats de ce début d’année 2009 que les autres années. Etant présent dans les mêmes courses depuis que je suis professionnel, j’ai toujours eu des résultats dans les différentes courses auxquelles j’ai participé. Maintenant, contrairement aux années passées, j’ai acquis un peu plus d’expérience et je connais bien les courses auxquelles je participe, mais surtout, c’est que je me connais de mieux en mieux. Après 4 années au sein du peloton professionnel, cela commence à porter ces fruits.

Pensez-vous pas qu’après 4 années au sein du peloton professionnel, il serait temps qu’une victoire arrive ?

Avec un grand sourire Stéphane répond ‘’oui il serait temps’’. Si j’ai peux lever les bras lors de ma première année de professionnalisme. Il faut admettre que nous ne pouvons pas lever les bras à chaque course et il n’y a pas tant de personne qui peux le faire. Il faut être patient et je dois admettre qu’il y a plus fort que moi dans les sprints et il faut l’accepter.              

Que vous manque t’il pour gagner votre première course professionnelle ?

La seule différence, c’est qu’il y a des coureurs meilleurs que d’autres. Maintenant il faudrait un déclique en gagnant une belle épreuve. Je n’ai pas de complexe d’infériorité, mais souvent avec un peu d’appréhension de se découvrir trop tôt, alors que le coureur qui a déjà gagné une épreuve prend peut être plus de risque.

Stéphane, pensez-vous prendre assez de risque dans un sprint pour espérer gagner ?

Déjà il y a une prise de risque calculé. Les sprinteurs sont assimilés a des ‘’kamikazes’’ et ou moment du sprint il ‘’débranche’ tout alors que moi c’est plutôt l’inverse, je rebranche tout pour calculer les risques. Un sprint propre tous les coureurs se frôlent a 5 millimètres et tu manques d’accrocher a n’importe quel moment. Une lourde chute dans un sprint final, peu avoir de très lourde conséquence pour le reste d’une carrière de coureur cycliste. Le jour ou j’arriverais a lever les bras, peut être comme je le disais juste avant le déclique sera là. L’effet d’avoir frôlé la *victoire il y a peu de temps a déjà un effet.

Faites-vous des entraînements spécifiques pour les sprints ?

Il y a quelques variantes lors d’un entraînement pour un sprinteur. Je fais beaucoup d’intervalle cour et long. Résidant en Ile de France, pour moi il n’est pas facile de faire des entraînements derrière scooter ou derny et en plus, pas vraiment un terrain avec un relief accidenté. Pour le moment, je vais rester sur mon style d’entraînement que j’ai programmé avec l’entraîneur de l’équipe Bretagne Schuller qui ne m’a pas trop mal réussit en ce début d’année. Sur les 4 jours de Dunkerque et le Tour de Picardie, je compte sur ces deux épreuves a étapes pour montrer ce que je suis capable de faire.

Comment avez-vous vécu la victoire de votre coéquipier, Dimitri Champion sur le Tour du Finistère (sachant que vous n’étiez pas présent sur la course) ?

Etant présent déjà à Brest à l’hôtel pour le Tro Bro Léon du dimanche, nous suivions la course en direct par l’intermédiaire des téléphones portables et d’Internet. L’effet de ne pas être sur place, je n’ai pas ressenti la même chose que si j’étais avec Dimitri sur la course. Nous savions que Dimitri était en forme pour l’épreuve et qu’il avait des ambitions. D’un côté nous n’étions pas surpris de sa victoire et de l’autre très content pour lui et l’équipe Bretagne Schuller. Sur les épreuves de la Coupe de France Crédit Agricole, les occasions sont assez rares pour ne pas les manquées quand elles se présentes.    

Stéphane, lors du Circuit de la Sarthe, qu’elles étaient vos ambitions personnelles et celles de l’équipe Bretagne Schuller ?

Le Circuit de la Sarthe, correspondait pour moi à une première phase de mes objectifs. Je suis satisfait de mes résultats sur l’épreuve sans résultats, mais la condition physique était là. Maintenant, par rapport a l’équipe, le Circuit de la Sarthe n’était pas de mes objectif avoué en début de saison, mais vu que c’est une belle épreuve nous avions a cœur de bien figurer.

Le contre la montre du Circuit de la Sarthe avec ces 13 virages et une météo pas très favorable, est-ce que le contre la montre était fait pour vous ou l’avez-vous fait en dedans ?

Un contre la montre personne ne le fait jamais en dedans. Par contre le contre la montre du Circuit de la Sarthe peut être fait sans prendre de risque comme je l’ai fais moi. Pour ma part, je préférais assurer dans les virages, sachant que je n’avais aucune prétention au classement de l’étape.

L’étape du Circuit de la Sarthe qui partait d’Angers vers Pré en Pail dites de ‘’grimpeur’’, comment l’avez-vous jugée ?

L’étape était faite pour les grimpeurs, mais l’effort était assez bref. Il est très facile de gérer ce genre d’effort pour un non grimpeur. Par contre, ce style d’étape favorise les échappées et les puncheurs pour celui qui veut tout donner dans les derniers kilomètres. Pour ma part dans cette étape, j’ai réussit a passer même si se fut laborieux.

Dans cette étape dites de ‘’grimpeur’’, il y avait au départ des grandes lignes droites, est-ce que c’est bon pour faire une échappée a long terme ?

L’an passé, il y avait eu au départ d’Angers le même style d’étape et le peloton roulait très vite. Après tout s’est en fonction du vent. Cette année le vent était plus tôt favorable et il est très difficile de sortir dans de telle condition. Dans ces lignes droites, nous étions a plus de 50 Km /h et il faut être  surpuissant pour pouvoir sortir du peloton. Sur l’étape d’Angers à Pré en Pail, nous avons bagarrés près de 2 heures avant que l’échappée du jour prenne forme. Sur le Circuit de la Sarthe se fût le cas pratiquement tous les jours avec un départ rapide et une grosse moyenne.

Pensez-vous à un effet de hasard si le peloton revient toujours sur une échappée ?

Non, il n’y a pas d’effet de hasard au retour d’un peloton sur une échappée.

Un peloton sans les oreillettes, quelle sera la réaction de celui-ci sur une échappée ? La course serait elle différente ?

Oui tout à fait la course serait différente. Pour moi, mon souhait serait d’avoir une oreillette juste pour ‘’info course’’ reliée avec la direction de course et pas forcément avec le directeur sportif.

Dimanche vous avez participé au Tro Bro Léon, pourriez-vous me faire une comparaison entre Paris Roubaix (aucune participation) et le Tro Bro Léon ?

Paris Roubaix est un monument mondial du cyclisme alors que le Tro Bro Léon est une épreuve de nationale. Sur le Tro Bro Léon, beaucoup d’équipes étrangères viennent. Il est très difficile de faire une comparaison.  Sur le Tro Bro Léon nous passons sur des chemins en pierres (appelés rébines) alors que Paris Roubaix la course se dispute sur des secteurs pavés. La différence se fait aussi sur la distance, Paris Roubaix il y a 252 Km et le Tro Bro Léon un peu plus de 200 Km. Pour des coureurs de notre niveau Continental, le Tro Bro Léon est beaucoup plus abordable.

Sur le Tro Bro Léon est-ce que ça vous secoue vraiment ?

Tout dépend des secteurs. Il n’y a rien de comparable avec des pavés. Si le terrain est humide, il est très difficile d’éviter un coureur qui part à la faute. Par contre si nous avons des conditions de course comme cette année sur le Tro Bro Léon la course est beaucoup plus facile à gérer et nous voyons où nous posons nos roues. Si l’écart est suffisant sur le coureur devant vous, il n’y a aucun problème. Le coureur qui a un peu d’agilité sera plus avancé qu’un coureur qui n’en a pas.

Stéphane, quel sera votre programme après le Tro Bro Léon ?

J’ai choisi de faire une coupure juste après le Tro Bro Léon et de faire mon retour à la compétition sur le Trophée des Grimpeurs. Lundi, j’ai effectué une sortie de décontraction de 2 heures, mardi je me suis reposé et à partir de mercredi, je ferais une reprise progressive de l’entraînement. Etant en province actuellement, je vais en profiter pour faire une sortie derrière scooter que mon club me prête.

Quel sera votre programme après le Tro Bro Léon et le Trophée des Grimpeurs ?

Je serais présent au départ des 4 jours de Dunkerque ou j’espère avoir des résultats, ensuite une participation au Tour de Picardie qui se fera dans le même optique que les 4 jours de Dunkerque et pour finir le mois de mai, je participerai au Boucles de l’Aulne.

 

 

Merci à Stéphane Bonsergent d’avoir répondu a cette interview pour photos-cyclisme-pro.

Propos recueilli par Pascal Linget le 27 avril 2009.